Le Thor, ville de charme dans le Vaucluse

Le Thor en Vaucluse

Histoire, le Thor des Légendes

La légende

Taurum Stella Ducit

« la tradition de père en fils, nous apprend que ce grand et dévot empereur (Charlemagne) ayant été informé d’un miracle arrivé au Thor, à l’abreuvoir de la sorgue, auquel un taureau s’était mis plusieurs fois à genoux ce qui avait donné lieu à la découverte d’une statue en pierre représentant la sainte vierge, il fit aussi tost bâtir au mesme endroit une grande et superbe église à deux voûtes… »

(Histoire de la ville et de la baronnie du Thor, A.Rousset)

Ancienneté de la communauté du Thor

Vers l’an 750 a eu lieu la concession des terres marécageuses du Trentain.

Charlemagne, mort en 814, serait à l’origine de la construction de l’église Notre dame du Lac.

En 1001, Roubaud, Comte de Provence, fait la concession du canal des Coudoulières, pour arroser les terres de l’église du Thor.

Ces trois événements, soulignent l’ancienneté de la communauté du Thor.

Un port sur la Sorgue

Au XIème siècle, certains textes évoquent un »Port sur la sorgue ». Ce ne peut être que le Thor qui deviendra au cours des XIIème et XIIIème siècle, une cité commerçante. A partir du XIVème siècle, suite à l’asséchement des marécages du nord (Trentain, Méjean, Réal des dominicains), le Thor devient une cité agricole.Le fief du Thor changera plusieurs fois de propriétaire. La cité sera administrée par des syndics puis par des consuls et saura négocier habilement des droits divers pour se dégager du pouvoir féodal.Au XVIIème siècle, le Thor abrite environ 1000 habitants, puis 2500 au XVIIIème, entre 3000 et 3500 au XIXème siècle.

Garancine et Chasselas

A l’époque de la révolution industrielle, agriculture et industrie se conjuguent. Les nombreux moulins et fabriques situés sur les bords de la Sorgue, se reconvertissent au fil du temps, passant selon les besoins, de la plâtrerie à la papeterie, de la tannerie à la scierie…Mais ce sont les usines « à garance », traitant cette plante cultivée pour le pigment des uniformes de l’armée française, qui marqueront durablement les mémoires.

La fin du 19ème siècle, la culture de la garance disparait avec l’invention d’un substitut de synthèse.

Quant à la viticulture, elle souffre des ravages du phylloxéra. C’est grâce à l’inventivité d’un Thorois, le Docteur Seigle, que le parasite est combattu efficacement. Du début du siècle aux années 30, le Thor devient le marché mondial du chasselas…

2008

Le 16 mars 2008 une nouvelle équipe arrive.

Son ambition est d’instaurer au Thor une véritable démocratie participative tout en donnant un contenu local au principe du développement durable.

Sa volonté est de faire vivre les solidarités dans la commune par une gestion juste et efficace, une fiscalité maîtrisée.

Son devoir est de restaurer une vraie qualité de vie dans la ville, aujourd’hui et pour notre avenir commun, tout en y assurant la tranquillité et la sécurité de chacun.

Ce sera fait avec tous ceux qui le voudront et dans la transparence.

Jacques Olivier sera le maire de tous, un maire présent et à l’écoute de ses concitoyens.

Depuis le 16 mars 2008 partout ont recommencé à fleurir le tournesol, la rose, l’oranger et le coquelicot !

Le Thor d’Aujourd’hui

Un vaste territoire de plus de 3.500 hectares pour une population jeune (26 % de moins de 25 ans), dynamique et en pleine expansion (+ 2,2 % chaque année), qui atteindra bientôt les 8.000 habitants.

Par sa situation géographique, Le Thor est au cœur du triangle : Avignon, Carpentras et Cavaillon.

Notre commune ne doit pas devenir une cité dortoir ou de passage. Le Thor se doit de garder son caractère authentique pour reprendre une identité forte et harmonieuse inscrite dans la durée.

Evolutions Récentes

Au cours des années 1980, l’agriculture vauclusienne en général et Thoroise en particulier ne suffit plus pour obtenir des résultats sur le plan économique. Si les céréales se maintiennent (531 hectares en 1988), la vigne s’est recroquevillée comme une peau de chagrin sur 138 hectares alors qu’elle en occupait 1.770 en 1929. En revanche, la culture de la pomme est celle qui se porte le mieux dans une agriculture en crise (654 hectares).

La dernière usine du Thor ferme en 1987à se servir de l’énergie de l’eau de la Sorgue. La même année, la zone dite de «la Cigalière» sur la route de l’Isle est créée.

Dans le même esprit la ville achète une partie du domaine Saint-Louis ainsi que des terrains de la Croix de Tallet (1988).

La ville est dotée d’un collège, d’un centre de loisirs (le Bourdis), d’un auditorium et de l’école de musique qui y est rattachée. L’ancien cimetière a été aménagé en boulodrome et la même année les halles qui avaient si fidèlement abrité les «mussy» de raisins disparaissent de la place du marché.

Une crèche parentale est mise sur pied en 1985. La même année, la Mairie est agrandie et rénovée (1984-1985). Les foyers-logements du quartier du Planet, destinés aux personnes âgées peuvent accueillir leurs premiers pensionnaires.

Les plus jeunes sont reçus dans les différents groupes scolaires au Thor et on compte 1.030 élèves (de la maternelle au collège) à la rentrée de septembre 1986 ; un an plus tard l’école des Jardins ouvre ses portes.

En 1989-90, la zone d’activité Saint-Louis peut accueillir une dizaine d’entreprises. L’Office de Tourisme s’installe dans l’ancienne caserne des pompiers. La place du 8 Mai et du 11 Novembre est réaménagée, tout comme l’ont été ses voisines (début des années 1990). La crèche, devenue municipale (1992), est installée près du centre de loisirs du Bourdis qui est lui-même, peu à peu réhabilité. 1993, la nouvelle caserne des pompiers, installée le long de la rocade, ouvre ses portes et permet ainsi au corps des sapeurs-pompiers de se moderniser. Enfin, l’humanisation de la maison de retraite est approuvée (1993).

En mars 2008, Jacques Olivier est élu pour instaurer au Thor une véritable démocratie participative tout en donnant un contenu local au principe du développement durable.

La volonté de la nouvelle équipe : faire vivre les solidarités dans la commune par une gestion juste et efficace, une fiscalité maîtrisée.

Son devoir : restaurer une vraie qualité de vie, aujourd’hui et pour un avenir commun, tout en y assurant la tranquillité et la sécurité de chacun. Cela sera fait avec tous ceux qui le voudront et dans la transparence.

Patrimoine

Notre-Dame-du-Lac

L’église Notre Dame du Lac, au profil puissant et sévère, aux ouvertures rares, est dominée par une plate-forme carrée aux angles abattus que le XIX è siècle compléta d’un petit lanternon.

Elle s’ouvre au midi d’un porche qui se situe dans le prolongement de deux contreforts de la nef.

Ses dispositions architecturales générales ainsi que son remarquable appareil de pierre, l’apparentent étroitement à de nombreux édifices de l’école romane de Provence du dernier quart du XII è siècle, dont toutefois elle se différencie par le raffinement des décors sculptés de son abside et de son porche, et l’originalité de son voûtement.

L’Intérieur

L’intérieur, monumental avec ses 16 mètres de voûte, offre un vaisseau unique d’une seule venue de 35 mètres de long sur 10 mètres de large. L’ampleur et la parfaite articulation de ses volumes – trois travées de nef se prolongeant d’une travée de chœur ouvrant directement sur une abside semi-circulaire peu pro­fonde – surprennent, compte tenu qu’il s’agit d’une simple église de village.

La nef, malgré l’épaisseur des murs, les piliers au profil très découpés et la présence de contreforts extérieurs, n’est pas couverte d’un berceau brisé, habituel en Provence, mais par d’inattendues voûtes d’ogives soigneusement appa­reillées, que le maître d’œuvre a volontairement bombées pour éviter le déversement des murs porteurs.

La travée de chœur a reçu une haute coupole octogonale nervée, montée sur quatre trompes en cul-de-four, décorées des symboles des évan­gélistes ; des boudins soulignent l’articulation de chaque pan de cette coupole aveugle. Quant à l’abside, elle est tapissée d’une fine arcature, savamment ornée, juchée sur un haut mur bahut.

Le cul-de-four est sous-tendu de boudins à filets saillants qui montent tout en s’affinant vers une riche clef de voûte faite de cinq aigles disposés autour de l’agneau crucifère.

Une vaste tribune montée au revers de la façade Ouest, et conçue dès l’origine, est supportée par une belle voûte d’arêtes appareillées que prolongeaient des tribunes de bois qui subsistèrent jusqu’en 1950.

Le Porche

A l’extérieur, la façade occidentale, outre les ouvertures traditionnelles, a une entrée décorée de colonnes travaillées et d’un tympan portant une main bénissante (3 doigts levés -pouce, index, majeur- et deux repliés -annulaire et auriculaire).

Le porche méridional s’ouvrant entre deux contreforts a un caractère monumental. Voûté d’une croisée d’ogives il s’appuie sur quatre belles colonnes galbées à bagues terminées par des chapiteaux à feuilles d’acanthe et à crochets. Sur le portail de l’église, un décor de palmettes et de canaux entoure le tympan occupé par une niche du XVIIIe siècle contenant la statue de la Vierge.

Le Clocher

De petites arcatures moulurées, retombant alternativement sur des consoles décorées de masques humains ou de motifs floraux et de longs pilastres cannelés à chapiteaux de feuillage rythment l’ordonnance extérieure de l’abside.

Sur le toit de lauzes, le clocher comprend un étage octogonal aux angles marqués par des colonnettes portant des chapiteaux garnis de masques ou d’animaux. Chacune de ses faces est ajourée de deux baies de plein cintre. En 1834 cet ensemble a été complété par un lanternon construit sur la plate-forme supérieure.

Malgré ses similitudes avec d’autres églises romanes provençales, Notre-Dame du Lac se caractérise par la recherche de techniques nouvelles annonçant l’art gothique et par l’importance majeure accordée à la décoration.

La croix monumentale en fer forgé qui se trouve en face du porche de la façade méridionale de l’église a été érigée le 4 septembre 1743. Mise à terre à la Révolution, elle fut remise en place peu de temps après.

Belles Demeures

Mais le patrimoine du Thor, et on l’oublie trop souvent parce qu’il se cache au bout de longues allées de platanes, ce sont aussi les belles et vieilles demeures, ces «campagnes» qui sont dispersées sur notre terroir.

Sur la route de Cavaillon au Thor c’est d’abord La Planquette qui s’offre à nous.

Son histoire remonte au XVIIIe siècle. La direction du séminaire Saint-Charles d’Avignon décide de construire une grange au quartier de la Planquette. Elle est achevée grâce aux travaux de deux maçons du Thor. Saisie à la Révolution, elle fut vendue en 1794 pour la somme de 37.500 livres. Dans les années 1870 ses nouveaux propriétaires la restaurent et l’agrandissent considérablement (chapelle, terrasses, verrière). Aujourd’hui encore, elle profite de son immense parc, qu’un petit lac et des canaux rafraîchissent.

La campagne Collet se situe quant à elle aux abords de la route d’Avignon, non loin de la Sorgue où l’on voit encore l’ancien moulin. Construite au XVIIIe siècle selon des règles un peu fantaisistes, elle est entièrement reprise au début du XIXe siècle. Aujourd’hui envahie par les ronces, elle n’a pourtant rien perdu de son charme et attend patiemment d’être rénovée.

Enfin, c’est le domaine de Longchamps, un peu plus à l’ouest, qui dore ses murs au soleil. Construite au XVIIIe siècle, cette demeure fut rendue célèbre par les courses de chevaux qui s’y disputaient au début du siècle.

Entièrement restaurée pendant la guerre de 1914, ses grilles et son parc lui confèrent une douce tranquillité.

Molière & Corneille

La Commune de Le Thor est dépositaire, depuis plusieurs décennies, des deux originaux d’oeuvres de Joseph et Louis BRIAN.

A l’origine, ces statues trônaient devant l’Opéra-Théâtre d’Avignon, mais avec le temps, la ville d’Avignon a préféré les remplacer par des copies. C’est donc au Thor, dans les Jardins de la Mairie, que se trouvent ces originaux en pierre, datant du 19ème siècle.

La première, de Joseph Brian, représente Molière, et la seconde, de (Jean-)Louis Brian, Corneille.

Les deux œuvres sont de mesures semblables soit 219 cm x 123 cm x 155 cm pour Molière et 215 cm x 123 cm x 155 cm pour Corneille.

Le plus connu des sculpteurs est Louis Brian. Ses œuvres sont exposées dans les hauts lieux politiques et artistiques Français, à commencer par sa « Jeanne d’Albret » aux Jardins du Luxembourg à Paris ou encore ses « Cariatides », au fronton du Pavillon Denon, l’une des ailes du Palais du Louvre.

Grotte de Thouzon

Bien des gens connaissent la petite colline de Thouzon qui s’élève, guillerette, au milieu de notre plaine Comtadine, entourée d’yeuses et de genêts et coiffée de son vieux monastère. Ils savent, sûrement, qu’elle abrite une grotte un peu mystérieuse mais tous ne connaissent pas ce véritable trésor découvert seulement au début du vingtième siècle (1902).

La Colline de Thouzon est un massif calcaire de l’ère secondaire (période du crétacé). C’est en creusant une carrière pour empierrer les routes et les chemins de la région qu’une explosion de mine dévoila le seuil d’une galerie biscornue de 230 m de long. Dans cette galerie coulait jadis une rivière dont les remous ont laissé maintes marques sur les parois. Lorsque vous entrez là, (surtout en été), vous êtes surpris par la température, assez fraîche, de 13° toute l’année et un taux d’humidité de 98 %. Un chêne vert de la butte, qui avait plus soif que les autres, est venu chercher cette fraîcheur en traversant le rocher avec une racine de plus de 10 m de long.

De la voûte pleuvent les stalactites les plus fines que l’on puisse voir. On les appelle les « fistuleuses » lorsqu’elles sont simples et les « macaronis » lorsqu’elles sont creuses. A l’intérieur de la stalactite circule la goutte d’eau qui l’alimente et la fait croître de deux cm par siècle.

Lorsqu’elle se détache de la voûte, la goutte qui tombe par terre y laisse un dépôt qui, à la longue, forme une stalagmite et de leur rencontre avec une stalactite naît une « colonne ». Parfois une inclinaison fait couler l’eau au même endroit ; là, le temps et la nature sculptent de véritables rideaux appelés les « draperies », admirables de transparence. L’oxyde de fer ou de manganèse leur donne souvent une couleur orange. C’est le cas de celle dont on peut admirer les ondoiements givrés comme s’ils étaient animés par un souffle mystérieux.

Plus loin, on remarque au plafond une belle « fistuleuse » de 1 m 30 de long qui accuse peut-être 6.500 ans. La « fistuleuse » (premier état de la stalactite) garde toujours un diamètre de 4 mm jusqu’au jour où une impureté barre son canal et la fait grossir comme un tronc massif et conique. Ceci est l’état secondaire de la stalactite.

Au début de sa formation, la Grotte était noyée entièrement et faisait « siphon ». La pression de l’eau qui courrait fit fondre le calcaire en laissant apparaître un « sistre » grisâtre très dur : des blocs de silex que les Provençaux ont nommé « rognons de silex » à cause de leur forme assez curieuse !

Puis la « galerie » fait un coude à droite. Au temps où la grotte était noyée, un gigantesque remous dans le contour creusa, de bas en haut, des « cheminées d’équilibre ». Les spéléologues grimpèrent sur la plus haute de ces cheminées jusqu’à 18 m de hauteur, sans déboucher dehors. Mais, comme à présent il ne reste que deux mètres d’épaisseur l’on peut penser qu’un jour ou l’autre ce frêle plafond s’effondrera dans la grotte et la cheminée se changera en « aven » qui est un puits naturel.

Une avalanche conique de pierres et de terre s’est effondrée dans la grotte par une « diaclase », ce qui signifie une fente longue et étroite qui était une entrée naturelle et qui s’est refermée avec du conglomérat il y a des millions d’années.

Un tapis noir composé de « guano » recouvre le sol. C’est un dépôt fossile de crottes de chauves-souris puisque ces bêtes ne fréquentent plus la grotte depuis la clôture de l’ancienne entrée.

Au fond de la galerie existe un puits qui était comblé au début du siècle. On l’a creusé maintes fois, jusqu’à 10 m de profondeur. L’œuvre est restée inachevée mais l’idée a germé qu’il y avait d’autres galeries au-dessous.

La plus belle salle de la grotte présente une harmonie de couleurs nuancée, selon la présence d’oxyde de fer, du blanc le plus pur à l’orangé le plus brillant avec toutes les ressemblances que l’imagination peut concevoir.

Quelquefois le dépôt de calcaire sur le sol fait un petit barrage qui a la particularité de s’élever en se refermant sur lui-même et forme un petit « bassin » ou « gour » comme celui de droite. Il y en a aussi de plus petits, de même formation cristalline, qu’on appelle « micro-gour ». Ces bassins sont plus petits parce que la pente de ruissellement est plus rapide, ce qui explique que l’eau coule plus vite.

Un éclairage bien adapté fait jour ses rayons sur le fascinant spectacle d’une vision lunaire quand les bassins reflètent la fine dentelle des concrétions, véritables merveilles de la nature.

L’eau est la reine de cet endroit, s’installant dans les petits « lacs » ou aussi en ruissellement sur la roche, la façonnant au fil des siècles. Et les concrétions rares ou classiques qui défient les lois de la pesanteur évoquent une émouvante image d’une ville effondrée.

Il reste à découvrir la magnifique « perle des cavernes », un minuscule caillou blanc qui se trouve au cœur d’une stalagmite et qui est modelée durant des siècles par deux phénomènes : « l’incrustation calcaire » et « l’érosion ».

L’entrée actuelle fut agencée pour permettre la visite des touristes toujours plus nombreux dans cet écrin de fins joyaux que garde jalousement la belle colline de Thouzon.

Thouzon : le château, le retable, la colline

Le Château

Le Château Prieuré de Thouzon est un ensemble architectural médiéval et moderne, dense qui occupe une superficie de 1.600 m2 environ.

Le site est constitué de deux chapelles et de bâtiments annexes protégés par une double enceinte. Les parties les plus anciennes sont attribuées au début du XIème et elles furent fortifiées dans le courant des deux siècles suivants. Le tout constitue les vestiges d’un monastère bénédictin fondé par les moines de l’abbaye Saint-André de Villeneuve-lès-Avignon.

Inscrit à l’inventaire supplémentaire des monuments historiques, cet ouvrage fait l’objet d’un programme de mise en valeur sous l’impulsion de l’Association pour le Site de Thouzon, très honorée et fière de vous présenter son monument et le résultat de 20 ans de travail bénévole. Propriété privée ouverte au public, la colline et le monastère, accueillent les promeneurs toute l’année. Vous pouvez nous contacter pour tous renseignements complémentaires ou si vous souhaitez faire une visite commentée.

Le Retable de Thouzon

Un retable est un ornement d’architecture avec un décor peint ou sculpté, contre lequel est appuyé l’autel dans une église.

Le retable de Thouzon se compose de deux panneaux en bois peint qui devaient être les volets d’un triptyque dont la partie centrale a disparu. Il fut retrouvé vers 1870 dans l’une des deux chapelles de Thouzon.

Chacun des deux panneaux représentent une scène de la vie de Saint-André : Saint-André chasse les démons de la ville de Nicée et Saint-André fait éteindre un incendie par son disciple. A gauche de ce panneau : une grande figure de Saint-Sébastien et sur l’autre, celle d’une sainte martyre.

  • Dimensions : 1,13 m x 1,26 m
  • Matériaux : Saule, Peinture à l’huile sur bois
  • Date : entre 1400 et 1425
  • Artiste : Anonyme, École de Provence
  • Modèle : Saint-André
  • Lieu : Musée du Louvre
  • Aile Richelieu – Deuxième étage – Section 04 Vitrine : V01
  • Région en relation : Provence (France), Le Thor (France)
  • Acquisition : 1929

La colline, un peu d’histoire

En 1014. L’évêque de Cavaillon attribue aux Bénédictins de saint André de Villeneuve-lès-Avignon, la possession  » des églises qui sont ou seront sur le Mont de Thouzon, avec leurs dépendances ».

En 1088, le comte de Toulouse fait de Thouzon une place forte et de l’abbé, son subordonné (Droits de justice, d’Albergue et de Cavalcade).

En 1140, un acte mentionne à nouveau les deux églises Saintes Marie et Saint-Pierre mais aussi, le village attenant et tout le territoire avec le marais, les poissons et les rivages.

A compter de 1202, la colline appartient véritablement aux bénédictins de Villeneuve lès Avignon. Cependant, ils sont toujours soumis à l’autorité du comte de Toulouse et doivent partagés leurs droits. De nombreux conflits seront arbitrés par l’évêque de Cavaillon. Les moines ne retrouveront une pleine juridiction qu’en 1477.

Le village de Thouzon, peut être dispersé, peut être groupé sur la colline ou dans la plaine, abritait environ 200 âmes aux XII/XIII ème.

Ces habitants travaillent les terres de leur seigneur, le père abbé de St André de Villeneuve. Ils doivent corvées et dîmes et diverses autres servitudes en échange de la concession de leurs terres.

Les droits sur la colline sont aussi partagés par le seigneur du Thor qui n’a de cesse de vouloir augmenter ses prérogatives sur les vignes et le vin, les carrières, le four à chaux, le pacage, le fournillage, les marais et la pêche, et sur le partage des droits de justice

En 1318, les habitants du Thor sont maintenus dans les droits qu’ils possédaient déjà de faire paître leurs troupeaux à Thouzon. (Archive Le Thor AA5)

En 1457, la communauté du Thor s’engage à payer annuellement le jour de la fête de saint André (1er septembre) à l’abbé de Thouzon une pension de 6 florins pour les droits de pâturage et de fournillage que ledit abbé lui concède dans le territoire de Thouzon. (Archive Le Thor AA7).

A la suite de la guerre de cent ans, une période d’insécurité s’installe et la colline est visitée par des hordes de pillards.

Par la suite, le fief devra subir la famine, les épidémies de peste noire, puis les troubles dus aux guerres de religions amorcent la ruine du monastère.

Les moines ne vivent plus à Thouzon. A partir de 1675, l’église sainte marie est érigée en rectorie et ne sert qu’aux offices du dimanche.

En 1696 l’abbé de Thouzon vend le château et les terres à Joseph de Martin, haut fonctionnaire chez le légat du pape. L’ensemble appartiendra à la famille Merles de Beauchamp jusqu’à la révolution Française.

Pendant plusieurs siècles, la colline deviendra peu à peu déserte, les habitations se rapprochant des cultures dans la plaine. De nos jours, Thouzon est toujours une propriété privée.

La colline, géologie et flore

Les textes les plus anciens retrouvés dans les archives citent : « Thouzon » (Tosonis, todone, todonis, Thodonum, Thozonum, Turonum, etc.…), « la colline ronde », au début du XI ème. Cette émergence aux pentes assez inclinées frappe par le contraste qu’elle fait avec les terres voisines parfaitement plates. Surface approximative de l’ensemble du monticule : 80 Hectares. Altitude : au pied 50 m, au sommet 110 m Géologie : Thouzon est essentiellement constitué par du calcaire dur à silex du crétacé inférieur.

La formation du monticule se situe à l’éocène, en même temps que le Luberon et les monts de Vaucluse. C’est l’époque de la grande montée des Pyrénées et des plissements précurseurs des Alpes. Au miocène, la mer envahit à nouveau toute la région. Thouzon fut donc certainement recouvert par une forte couche de sédiments. Une intense érosion l’a décapé ensuite pour lui donner son aspect actuel ; les sédiments quaternaires l’ont entouré, formant la plaine vauclusienne. L’altitude de cette plaine décroît du sud au nord, depuis Caumont jusqu’à Bedarrides. Ensuite, la capture de la Durance à Caumont par le Rhône, a laissé cette région sans écoulement et de grand marais s’y sont rétablis et maintenus.

Thouzon est peu cultivé. La roche, souvent à nu ne permet pas de plantation dans sa plus grande partie. Une colline sèche, couverte d’un épais maquis de chênes verts, et quelques vergers d’oliviers : tel est l’aspect général de Thouzon. Les maquis de chênes verts occupent tous les lieux pierreux où la culture n’a pas pu s’implanter. Ils sont d’une grande homogénéité de taille et de composition. Le chêne vert constitue 90% de ces taillis. Le chêne pubescent, le pin d’Alep, et le chêne Kermès y sont fort peu abondant. L’entretien des différentes cultures, vignes, vergers, lavandins, est très épisodique et irrégulier. Les olivettes en particulier, occupant la plupart des terrasses, sont souvent envahies par des chênes verts, pistachiers, térébinthes et autres arbustes. Si la physionomie générale de Thouzon varie peu d’une saison à l’autre, les arbres à feuilles persistantes étant dominants, les floraisons printanières sont cependant abondantes et très colorées. Mais cette saison est souvent courte ; dès le mois de mai, en général, la végétation se met au repos ; en été, seules quelques espèces fleurissent.

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