Carnet de voyage en Chine

Hong Kong, une autre planète…

30 avril-5 mai

Prendre l’avion entre Delhi et Hong Kong, c’est comme changer de décennies voire de millénaires en quelques heures ! Avec ses grattes ciels, ses innombrables centres commerciaux, ses infrastructures modernes et propres, Hong Kong offre un contraste effarant après l’Inde (pourtant plus moderne à Delhi) que nous venons de quitter. Pour rejoindre le centre-ville de Hong Kong, pas de rabatteurs à la sortie de l’aéroport pour nous proposer leurs « services », nous prenons un bus où le wi-fi est disponible ! Bref, nous avons changé de monde !

Une affaire de visas

Hong Kong est pour nous une étape pour l’obtention des visas chinois. En effet, ancienne concession britannique jusqu’en 1997, Hong Kong est aujourd’hui rattachée à la Chine mais jouit encore d’un statut particulier. Nous pouvons y arriver sans visa mais si nous voulons entrer dans le reste du territoire chinois, il nous en faut un. Mais, la Chine reste un pays délicat et nous n’avons pas tous les documents requis pour obtenir un visa si nous tentons de faire la demande nous-mêmes à l’ambassade.

Oui, mais voilà, Hong Kong s’est enrichie avec le business, et celui des visas doit également être juteux aujourd’hui. Comme nous, la plupart des hôtes de notre auberge, ne sont uniquement venus à Hong Kong pour faire leur demande de visas chinois. Des agences spécialisées dans ce domaine proposent ce service pour quelques dollars hongkongais supplémentaires. Et là, magie du business, les documents que nous ne pouvons pas fournir sont créés de toute pièce par l’agence et nous pouvons obtenir notre visa ! Le tout prend une petite semaine, ce qui nous donne l’occasion de profiter des avantages de la ville.

Une transition entre 2 géants

Hong Kong nous permet de faire une « pause » entre l’Inde et la Chine. Deux géants aux cultures différentes l’une de l’autre et de la nôtre aussi. Hong Kong est une ville moderne, propre… et ce, pour le plus grand plaisir de l’un de nous deux ! Les tours de verres et d’acier de son quartier financier (qui ont fait la richesse de l’île), nous rappellent New York, mais en version asiatique avec les baguettes et les yeux bridés en prime. Nous sommes bien dans une mégalopole du 21ème siècle. Les taxis, la mode dernier cri, les foules dans les rues et dans les magasins, avec toutes les marques et magasins occidentaux (fast food, vêtements, ameublement suédois… tout y est). Nous trouvons vite nos repères. Il est facile de se déplacer avec les bus, tramways et le métro. Bien que ce soit l’un des endroits les plus densément peuplés au monde, les aménagements urbains sont conçus de telle manière moderne et rationnelle que nous n’avons pas l’impression d’être oppressé.

Nous pouvons faire nos petites courses dans un supermarché où nous trouvons même des plaquettes de beurre demi-sel PRESIDENT, fabriqué en Ille-et-Vilaine, pour un prix inférieur à celui en France. La magie de la mondialisation ?! En tout cas, c’est pour le plus grand plaisir de nos papilles !!!

Petit tour chez Mickey

Autre effet de la mondialisation, nous pouvons nous divertir une journée dans un parc Disney qui a ouvert ses portes en 2005. Le parc est aménagé exactement comme son cousin parisien, ça rappelle le magasin à la marque jaune et bleue où en déambulant dans ces allées on pouvait se croire en France ou en Suède ! Bref, on a un air de déjà vu mais on s’amuse bien chez Mickey et c’est l’occasion pour Tigrou de retrouver tous ses amis !

Après cette petite semaine de transition et armés de nos visas, nous sommes maintenant prêts à attaquer le géant chinois.

Kunming, nos vrais débuts chinois

6-7 mai

Nous prenons l’avion au départ de Hong Kong pour rejoindre Kunming. Située dans le sud-ouest du pays, la capitale du Yunnan compte plus de 4,5 millions d’habitants. Et dès notre arrivée, nous sommes surpris de trouver une ville aussi moderne. Avec toutes ces grues à perte de vue, des immeubles et d’importantes infrastructures de transport en construction, Kunming ressemble à un vaste chantier. L’aménagement du centre-ville est tout neuf et très occidentalisé. Nous y retrouvons toutes les marques mondialement connues, aussi bien dans la fringue que dans la restauration et pour tous les budgets. Les grands magasins de luxe côtoient les chaines de magasins plus populaires. Les prix sont les mêmes qu’ailleurs, pas la peine donc de faire son shopping ici ! Les voitures sont principalement de marques étrangères, avec une prédilection pour les marques allemandes de haute gamme. Les taxis sont tous des Volkswagen et même les voitures de police ne sont pas chinoises. Pour les françaises, PSA avec Citroën est la marque la plus représentée. Pour terminer sur les marques, nous faisons nos petites courses dans un CARREFOUR, assorti de produits bien chinois mais aussi quelques français qui nous rappellent le pays avec plaisir… Par contre, les prix d’importation nous dissuadent de retrouver « la France » avant la France !

Les premiers contacts avec les Chinois sont agréables. Certains semblent surpris de trouver des touristes occidentaux ici, ils nous observent avec curiosité mais avec discrétion. Et ils nous répondent souvent d’un sourire timide quand on les salue. Par contre, très peu parlent anglais et tout est écrit en caractères chinois. Il n’est donc pas aisé de se faire aider. Souvent, ils nous répondent en chinois et continuent à nous parler même si nous essayons de leur faire comprendre qu’on ne comprend rien ! Bref, on se retrouve dans des situations assez cocasses, mais aussi parfois un peu galères, c’est le premier pays où nous avons le plus de difficultés pour se faire comprendre ou comprendre tout simplement !

Shilin, la forêt de pierres

Notre première excursion en Chine est justement un vrai casse-tête chinois ! Après un taxi, 3 bus et d’innombrables questions sans réponses, nous arrivons sur le site de Shilin. Parcourir les 86 km nous aura pris 4h ! Une fois sur place, nous sommes encore effarés ! L’agencement est énorme, tout neuf et pas facile de s’y retrouver. Bien sûr, les guichets et le prix à payer sont bien indiqués, mais ensuite on est un peu perdu ! Il nous faut marcher 2 km avant d’arriver sur le site à proprement parlé ou bien nous aurions pu emprunter l’une de ses petites voiturettes électriques que les Chinois affectionnent tant, mais ce service est bien sûr payant.

Shilin
Shilin

Shilin consiste en fait en un ensemble de pitons rocheux en calcaire gris. Certains pitons s’élèvent à plus de 30 mètres, des chemins aménagés permettent de se promener à travers cette forêt. Par endroit, l’aménagement est tellement poussé qu’on en oublierait qu’il s’agit du résultat de phénomènes naturels, produits de l’érosion, de la pluie et du vent. Les Chinois ont l’air de préférer les parcs à la Walt Disney où rien n’est laissé au hasard. Ça manque donc parfois d’authenticité par endroit, mais en contrepartie, c’est agréable de pouvoir s’y promener car c’est bien aménagé et propre.

Dali

8-10 mai

Pour repartir, nous empruntons un bus qui empruntera que de l’autoroute ! Les paysages qui défilent pendant 4h, ne varient guère : de la petite montagne, peu boisée mais relativement verte. Les obstacles de la nature ne semblent pas en être pour les Chinois, partout des tunnels pour les routes et chemins de fers transpercent les flancs des montagnes quand ceux-ci ne sont pas déjà aménagés en terrasses. Aucun endroit ne semble avoir été épargné par la main de l’homme. Partout des chantiers, avec ces innombrables grues. Les villes semblent s’étendre sans fin avec des immeubles en construction, et à chaque fois, ce sont des ensembles d’au moins 3 ou 4 bâtiments d’une vingtaine d’étages qui sont en construction en même temps. Dans les campagnes, ce sont des routes ou des ponts qui sont en cours d’aménagement ; on trouve encore quelques villages aux habitations traditionnelles mais cela semble être en voie de disparition dans ce pays où tout se transforme !

Dali
Dali

Justement, Dali est une exception ! Il reste encore la vielle ville avec ses ruelles pavées à visiter. Ces vestiges historiques sont donc devenus une destination touristique ! Oui mais voilà, des vieilles pierres, il en reste peu, en fait ce sont surtout des restaurations que l’on peut voir aujourd’hui. Mais cela reste agréable, une ville encore horizontale doit être rare dans ce pays qui semble tout élever vers le ciel sans limite. Là, pas de maisons à plus de 2 étages, les plus vielles sont remarquables aux herbes qui poussent sur leurs toits. Les restaurants abordent fièrement leurs produits en les exposant à l’entrée, légumes, poissons côtoient les crapauds et autres bizarreries végétales ou animales que l’on ne saurait nommer ! La visite du marché qui n’a rien de folklorique nous apportent pas mal de surprises aussi. Ils ont l’air de pouvoir tout manger ici ! Ou plutôt, rien ne semble impossible en Chine !

Lijiang

11-12 mai

Lijiang
Lijiang

Toujours dans la province du Yunnan, nous remontons un peu vers le nord pour rejoindre la ville de Lijiang. La ville offre deux visages : un moderne, développé de façon verticale et occidentale et l’ancienne ville, qui a conservé ses vieilles maisons et ses ruelles pavées ; devenant ainsi une haute destination touristique. On se croirait au Mont St Michel, les petites rues sont bondées et bordées de magasins à touristes qui ne désemplissent pas ! L’architecture est belle, enfin seulement au 1er coup d’œil car en y regardant de plus près ce n’est pas très minutieux. La vieille ville compte d’innombrables ruelles pavées avec des cours d’eau que l’on enjambe par des petits ponts de pierre ou de bois. C’est mignon, les restaurations et décorations sont faites avec goût. Mais tous les édifices ont été transformés en commerce, bars-restos, hôtels, magasins de souvenirs ou agences de voyage. L’environnement ultra touristique gâche l’authenticité des lieux et c’est finalement dans une ville morte que l’on se promène. Nous quittons la ville par avion, l’aéroport est flambant neuf.

Chengdu

13-15 mai

Après un vol sans encombre, nous arrivons dans la mégalopole de Chengdu qui n’échappe pas à la règle chinoise : immense, développée ces dix dernières toute en verticalité, et encore en plein développement avec toutes ces grues et construction en cours. Nous essayons de boucler notre logistique des prochains voyages en train. Oui, mais voilà, acheter ou changer des billets n’est pas une mince affaire. On galère plusieurs heures pour dégotter des places assises pour des trajets de nuit de plusieurs dizaines d’heures… Mmmh ! De bons moments en perspective ! Le trajet de retour en bus s’éternise, nous sommes dans des embouteillages en plein dimanche après-midi ! Les rues commerçantes sont bondées, on se croirait une veille de Noël à Paris !

Les gros nounours de Chengdu…

M’enfin, nous ne sommes pas venus ici pour analyser l’évolution certes intéressante des villes chinoises mais pour venir admirer une espèce unique en voie de disparition : les pandas ! Nous arrivons dès l’ouverture du parc de recherche et de reproduction des pandas de Chengdu. Nous en profitons un maximum avant l’arrivée massive des touristes. On s’éclate, on redevient des gosses devant ces animaux très rigolos et très photogéniques ! Ils ont des attitudes à nous faire tordre de rire, on dirait parfois des hommes. Une maman qui joue avec ses bébés nous distrait pendant un long moment. Puis c’est un groupe d’adultes qui prend son petit déjeuner qui nous amuse, l’un d’eux est affalé comme pourrait l’être l’un de nous dans son canapé à grignoter tranquillement ! Bref, on a craqué devant ces ours en peluche, si seulement on avait pu les rejoindre pour faire quelques glissades, roulades et autres parties de bagarres, on aurait retrouvé nos 5 ans ! Pourvu que nos enfants puissent en voir aussi…

Nous pique niquons dans un parc de la ville. C’est une occasion extra pour observer les Chinois. Beaucoup de retraités jouent aux cartes, au mah-jong ou pêchent pour le plaisir (en relâchant leurs prises). Un peu plus loin, certains récitent des chants, ailleurs ce sont des femmes qui dansent, travaillant une chorégraphie aux subtils mouvements d’éventails. Ailleurs, on se donne aux joies du badminton ou de son ancêtre pratiqué au pied : le tijianzi. Plus tôt dans la journée, on trouve les fameux amateurs de tai-chi. Et presque tous les jours, nous tombons sur des groupes qui dansent en rythme, répétant les mêmes pas, un peu comme on danse le Madison, sauf qu’ici c’est leur gym quotidienne qui se pratique dans la rue. Et effectivement, beaucoup pourrait envier la souplesse de certaines grand-mères chinoises ! Bref, les promenades dans les parcs chinois offrent un formidable portrait de cette société.

Dans Chengdu, nous cherchons un « ancien » quartier qui aurait survécu à la folie des promoteurs immobiliers. Et en effet, on trouve quelques rues piétonnes, fraîchement repavée et des « anciennes » maisons restaurées et transformées en cafés ou restos branchés ou en magasins à touristes. Des bus en débarquent des hordes régulièrement. Nous avons l’impression de s’être trompé d’adresse et déguerpissons en vitesse de ce lieu qui manque de toute authenticité !

Nous terminons la visite de la ville de Chengdu par son immense place centrale. Celle-ci est bordée de tours de verres et d’aciers, qui s’ouvre sur une artère principale, une véritable 4 voies en centre-ville. Sur la place, prône une statue de style soviétique de Mao. La main tendue en avant, on dirait qu’il souhaite vouloir stopper l’avancée irrémédiable de la société occidentalisée et consumériste que semble être devenue la Chine.

Xi’an

16-18 mai

Notre auberge de jeunesse à Xi’an est l’une des plus originales de ce voyage. Anciennement occupés par l’armée rouge, les baraquements ont été réaménagés en dortoir ou chambres plutôt luxueuses. Le confort et l’ambiance doivent être bien différents de l’époque où les soldats occupaient les lieux !

Justement, c’est une armée que nous sommes venus admirer, celle de la fameuse armée enterrée, l’un des intérêts majeurs de ce grand pays. Et ce site ne déroge pas à la règle. C’est immense, l’aménagement du site est encore en travaux et pour accéder aux vestiges le chemin est jalonné de commerces en tout genre. Hormis le prix, nous n’avons pas d’info et nous nous égarons un peu avant de commencer la visite. Pour économiser nos efforts, nous aurions encore pu prendre une petite voiturette électrique pour atteindre le site. Mais bon, il n’y a pas que le développement touristique qui soit énorme. L’ensemble de l’armée que l’on peut découvrir est très important mais ce qui impressionne le plus, c’est de savoir que ce qui a été déterré n’est sûrement qu’une infime partie de l’ouvrage total !

Il s’agit en fait d’un mausolée construit à la demande mégalomane de l’un des plus grands empereurs de Chine : Qin Shi Huangdi (259 – 210 av JC). Les travaux ont débuté dès son couronnement, à l’âge de 13 ans. Ils ont nécessité 500.000 ouvriers et ont duré 36 ans. L’empereur devait s’entourer d’une véritable armée, destinée à le protéger pour l’éternité. L’immensité du chantier nous frappe bien sûr au premier coup d’œil ; mais ce qui est d’autant plus remarquable ce sont les détails. Chaque soldat est unique avec des traits de visage toujours différents. Le niveau de précision de sculpture est vraiment surprenant, surtout quand on sait que le tout était dédié à être enterré !

Beijing

19-23 mai

Nos débuts à Beijing se font tranquillement. Et oui, après une nuit dans un train en place assise, on n’arrive pas vraiment frais et dispos. Nous filons ensuite vers une agence de voyage qui, nous l’espérons, va nous aider à obtenir nos billets de Transsibérien et surtout le visa russe. Il faut savoir que d’obtenir un visa russe n’est pas une mince affaire, il faut fournir quantité d’informations et de justificatifs. Et les délais d’obtention peuvent être de 2 semaines. Et sans ce précieux sésame, nous ne pourrions pas terminer notre voyage comme prévu : rentrer par le train via la Mongolie puis la Russie. Papiers et passeports remis, nous n’avons plus qu’à attendre et à croiser les doigts.

La capitale de la Chine n’échappe pas à la règle, c’est immense. L’ensemble de l’agglomération de Beijing est aussi grand que la moitié de la Belgique, comptant près de 22 millions d’habitants. Nous empruntons le métro pour circuler dans son centre et nous rendre aux différents points d’intérêts.

La place Tiananmen

Nous voici sur l’une des plus grandes places du monde couvrant plus de 40 hectares de superficie ! Une fois installé au pouvoir en 1949, Mao fait raser des quartiers entiers face à la cité interdite pour y réaménager une place avec de grands bâtiments de style staliniens et au centre trône son mausolée (immense bien sûr) ! Bref, on se sent un peu perdu dans cet ensemble si vaste, plutôt gris et pourtant la foule est bien là, et à toute heure.

La Cité Interdite

Eh bien, encore la même chose : c’est immense ! On se dit que de tout temps, les Chinois ont le goût des grandeurs. Ancienne résidence des empereurs, elle fut pendant 5 siècles le centre politique de la Chine (15-20ème). Il s’agit d’un ensemble de cours et de bâtiments (800), totalisant près de 9000 pièces, le tout protégé de murailles et de douves. Nous enchainons la visite en passant d’une cour à une autre, mais sans pouvoir visiter l’intérieur des palais. On peut apercevoir quelques meubles à travers les fenêtres et deviner la vie dans cette cité, où eunuques, concubines et impératrices occupaient les lieux.

Le Temple du Ciel

Le temple du ciel est un ensemble de parcs et de bâtiments qui étaient utilisés par les empereurs pour y effectuer différentes cérémonies tout au long de l’année. Toutes les constructions devaient répondre aux règles millénaires du feng shui ou l’art de la géomancie chinoise (une discipline qui consiste à équilibrer et harmoniser les énergies circulantes entre le ciel et la terre). Pour notre culture occidentale, toute la symbolique nous échappe un peu, mais voici quelques trucs qu’on a compris : le ciel est représenté par des formes arrondies et la Terre par des formes carrées. Le nombre de dalles, de marches, d’escaliers, etc. correspondent à des multiples de 9, un chiffre impérial en quelque sorte. Bref, tout ça pour dire, que rien n’était laissé au hasard dans l’édification de ces bâtiments.

Shanghai

24-26 mai

Petite escapade à Shanghai qui est à première vue une ville très moderne, c’est certainement le visage de ce que la Chine rêve d’être demain. Elle nous rappelle New York, Chicago ou Hong Kong. Ancien comptoir économique de plusieurs pays (notamment la France, la Grande-Bretagne, les USA et le Japon), Shanghai s’est fortement développé au début du siècle et on l’appelait alors « Le Paris de l’Orient ». L’économie en berne depuis la seconde guerre mondiale, elle renaît de ses cendres à partir des années 90, devenant l’une des plateformes commerciales les plus importantes d’Asie. Elle s’est alors parée de gratte-ciels et de toutes les dernières infrastructures modernes. Bref, Shanghai est une ville du 21ème siècle.

Un centre-ville très moderne et occidentalisé

Nous commençons la visite par la place du Peuple, immense place, bordée de grands immeubles tout neufs. Nous admirons l’Opéra, l’œuvre d’un architecte français. Bien sûr, les règles de la géomancie ont été respectées, avec une base carrée pour la Terre et le toit recourbé vers ciel. Le temps est à la pluie, ça tombe bien, on se réfugie dans un musée.

La grande artère principale et commerçante de la ville a également été aménagée par l’architecte français (le même que l’opéra). Tous les magasins ou chaines de restauration nous montrent encore que la Chine a bel et bien plongé dans le bain de la mondialisation. Une agréable promenade sur la jetée du Bund nous offre un beau panorama sur les gratte-ciels de la nouvelle ville. Tandis que sur l’autre rive, les belles façades des banques et des hôtels sont les témoins du glorieux passé du début du siècle. A la sortie du métro dans la nouvelle ville, nous restons sans voix, les yeux rivés au ciel. Certains gratte-ciels dépassent largement les 400 mètres, entrant dans le classement des plus hautes tours du monde.

Encore de vieux os…

La vieille ville n’est pas complètement rasée, et là le contraste avec la modernité des nouveaux quartiers est saisissant. Les petits vieux sortent leurs chaises en bas de l’immeuble pour discuter, jouer aux cartes ou regarder les passants. Les ménagères suspendent leur linge sur les fils électriques ou sur de longues perches de bambous qui dépassent des fenêtres. Les ruelles sont étroites, seuls vélos et scooters peuvent y circuler. Déambuler dans ces tranches de vie authentiques nous réconcilie avec cette Chine qui semble un peu trop faire table rase du passé. C’est plus coloré et vivant que ces longues avenues grises construites dans les nouvelles villes que nous avons visitées.

La concession française

Comme évoqué plus haut, les Occidentaux se sont installés à Shanghai vers 1850 pour faire du commerce. Pour cela, des quartiers leur ont été concédés et celui de la France reste encore marqué de l’influence tricolore. Nous nous promenons dans des rues à taille humaine et bordées de platanes. Parés de magasins et restos sympas, on oublierait presque l’on est en Chine ! On y trouve des restos bien français avec des menus alléchants, et même des boulangeries, mais on attendra notre retour pour manger du « vrai » pain !

Le PCC au cœur du luxe

Nous visitons la maison où s’est tenue la première réunion du Parti Communiste Chinois. Ironie de l’Histoire, ce site se trouve désormais dans le quartier ultra chic et branché de Shanghai, où l’on trouve des magasins de luxe et des voitures de sport ! Y en a qui doivent se retourner dans leurs tombes…

Nous approfondissons nos cours d’Histoire avec une collection privée d’affiches de propagande communiste. C’est marrant, pas de groupes de touristes chinois ici ?! Très instructive, nous ressortons de cette visite encore plus stupéfiée de la rapidité des changements qui se sont opérés dans ce pays ces 20 dernières années (politique, économique et sociologique). Que doit-il se passer dans la tête d’une petite Mamy qui a connu les discours de Mao, quand elle voit ses petits-enfants aller au Mc Do et s’habiller en (fausses) marques de luxe occidental ?

La Grande Muraille

28-30 mai

Encore un site immense, et oui, on se répète ! La Grande Muraille est très longue, les spécialistes ne s’accordent pas sur le chiffre exact, arrondissons à environ 7000 km ! La plupart des sites à visiter rayonnent dans les alentours de Beijing et il faut bien sûr s’attendre à y rencontrer beaucoup de touristes. Mais magie d’Internet, Nico nous dégotte un super bon plan qui nous permet d’échapper aux tours organisés et surtout aux sites ultra-fréquentés. Après 1h30 de bus et 1h de taxi à travers la petite montagne chinoise, nous arrivons dans une petite auberge dans le village de Dongpo. Nous sommes les 2 seuls clients et l’intérêt de cette adresse est de pouvoir visiter des sections de murailles qui sont fermées au public car les sites d’accès sont actuellement en travaux. Mais en passant à travers les champs en terrasses, nous arrivons directement sur la muraille. Et là ! Miracle en Chine, nous sommes SEULS ! Quel luxe de pouvoir en profiter autant. Nous nous y promenons 3 jours de suite, tranquillement, sans se lasser de la chance que nous avons.

La grande muraille est impressionnante. Il s’agit en fait d’un ensemble de fortifications édifiées en différents endroits par des souverains successifs. La première « Grande Muraille » naît de l’unification de ces tronçons de remparts par le premier empereur Qin Shi Huangdi (221 av J-C), le même qui est à l’origine de l’Armée Enterrée de X’ian (voir plus haut). La Chine unifiée voulait se protéger des barbares venus des steppes du nord…

Aujourd’hui, on pourrait dire qu’il reste différentes grandes murailles, les parties touristiques ont été (très) restaurées. Certaines portions ont subi des restaurations moindres et moins récentes avec donc un peu plus d’authenticité. Et bien sûr, certaines parties sont restées à l’abandon, avec parfois des remparts ou des tours écroulés, donnant alors à ces vestiges des allures de château des Carpates. Les visites de ces endroits à l’aube ou au crépuscule resteront parmi nos meilleurs souvenirs de Chine !

Les petites chinoiseries…

Dans cette section, nous nous attardons sur ces petites chinoiseries qui nous ont choquées ou fait rire. Bref, toutes ces petites chinoiseries qui nous ont interpellées :

La mode

Les Chinois, enfin surtout les plus jeunes et surtout les filles, sont très « tendance ». Ils aiment la mode et ça se voit. Les jeunes femmes adorent les hauts talons et les chaussures de style plateforme quand ce ne sont pas les 2 à la fois ! Et même en voyage, elles restent très coquettes. On voit donc des dames habillées de robes qui pourraient convenir pour un mariage, à hauts talons pour déambuler (non sans difficulté) sur les vieux pavés des villes touristiques ou même chez Mickey ! Bref, dans l’ensemble c’est plutôt joli mais parfois, ça frôle le ridicule… et je ne parle pas de ces montures de lunettes portées sans carreau, ben oui, on parle de style !

Mais le must de la mode c’est la marque, internationale et de luxe ! Bien sûr, nous savons que les Chinois font du faux, mais c’est inimaginable de voir à quel point ! Il y a bien de vrais magasins de luxe, avec de vrais clients chinois qui « le valent » sûrement bien. Mais dans la rue, c’est à profusion que l’on voit des produits Chanel, Gucci et surtout Louis Vuitton, parfois même dans des déclinaisons qui n’existent sûrement pas dans la marque originale ! Pour ne pas vraiment copier, ils changent quelques lettres ou modifient le logo, juste un peu pour faire illusion. Déroutant.

Le petit coin

Sous l’impulsion des municipalités et organismes touristiques, beaucoup de toilettes chinoises ont été réaménagées pour le touriste, c’est-à-dire équipées de toilettes dites « à l’occidentale » (entendez celles qu’on a chez nous à l’opposé des toilettes « turques ») et surtout avec des cloisons !

Et oui, les toilettes publiques se résument parfois à une rigole au-dessus de laquelle on s’installe à califourchon, avec dans le meilleur des cas des petites séparations latérales. Et dans les toilettes équipées de portes, disons que les Chinois ne semblent pas convaincus de leur utilité car elles restent souvent entrebâillées !

Dans les hôtels, nous sommes parfois tombés sur des surprises rigolotes : avec des salles de bain inclues dans la chambre, mais uniquement cloisonnées de vitres transparentes ! Si bien, que même la porte fermée, nous pouvions regarder la TV depuis les toilettes et vice versa… J

Le tourisme « à la chinoise »

En Chine, tout est énorme ! La superficie du pays (17 fois la France), les édifices (la place Tiananmen à Pékin couvre 40 hectares par exemple) et bien sûr, les Chinois aussi : on en compte plus de 1,350 milliards ! Et donc, le tourisme ne fait pas exception. Les Chinois voyagent le plus souvent en groupe, tous munis de la même casquette, en suivant le drapeau du guide qui avance au pas de charge et armé de son mégaphone pour que TOUT le monde entende bien son discours. Il semble qu’il soit surtout important pour le touriste de prendre (beaucoup) de photos, où il se doit d’occuper le premier plan devant le monument ou le paysage visité.

Le train

Après le train en Inde, on ne pensait pas trouver pire… et pourtant, dans le genre casse-tête, le chinois n’est pas mal non plus. Il faut s’armer de beaucoup de patience pour obtenir des tickets, et à notre grande surprise, les places que nous voulions étaient toujours épuisées même en si prenant au plus tôt des réservations possibles ?! Nous n’avons jamais réussi à obtenir des couchettes pour nos trajets de nuit, uniquement des places assises pendant 15h de trajet ! La compréhension avec les guichetiers était souvent à s’arracher les cheveux.

Le meilleur reste les trajets en train, souvent folkloriques ! Tout commence dès l’ouverture des accès au train : c’est la course, tout le monde se rue vers son wagon, au point d’écraser n’importe quoi/qui sur son passage. Les trains sont bondés, avec des gens debout dans les allées, à côté des toilettes. Certains dorment n’importe où, jusque dans les lavabos (car ceux-ci sont situés à l’extérieur des WC). Ensuite, il faut savoir que beaucoup de Chinois fument, sans pour autant respecter l’interdiction dans les wagons. Ils grignotent tout le temps et pas vraiment des pommes ou des M&M’s, mais plutôt des œufs ou des pattes de poulet avec les os qui craquent bien sous la dent ! Un vrai plaisir quand il est 6h du mat’ !

Et pour conclure, tout se vend à bord des trains chinois ! Des vendeuses passent constamment dans les wagons pour proposer toutes sortes de produits : de la nourriture bien sûr, mais aussi portefeuilles, ceintures, jouets, miroirs de poche et même des collants ! Bref, tout l’arsenal nécessaire au voyageur !

La gastronomie

Difficile de faire court sur ce sujet, tant leur cuisine semble variée. Mais pour résumer, disons que les Chinois semblent pouvoir tout manger ! Les menus des restos présentent crapauds, tortues, serpents pour les exemples les plus atypiques. Ils affectionnent beaucoup les brochettes en tout genre, dont des insectes, des vers… On parle du pire, mais nous avons également bien mangé, des raviolis notamment ou le fameux canard laqué.

Les constructions

Dès nos premiers jours, nous avons été surpris du nombre d’immeubles et d’infrastructures en travaux. Ce sont à chaque fois des ensembles de tours d’une vingtaine d’étages minimum qui sont en construction. Des millions de logements poussent comme des champignons en périphérie des villes (déjà immenses) mais qui semblent s’étirer sans fin. Nous nous demandons où sont actuellement les gens destinés à ces logements ? Est-ce que les promoteurs immobiliers ne se sont pas trompés dans leurs estimations ?

La censure et autre spécialité locale…

Déjà expérimenté un peu sur la toile vietnamienne, la censure en pays communiste ne fait pas exception en Chine. Les internautes chinois ne peuvent donc pas accéder aux sites de Twitter, YouTube et Facebook par exemple. Nous avons essayé, et effectivement ce n’est pas possible ! Tout comme une recherche sur la place Tiananmen et les événements de 1989… Effectivement, on provoque ! Le plus surprenant, c’est qu’il nous est arrivé également de ne pas pouvoir surfer sur les blogs de certains de nos amis tourdumondistes sans pour autant que ces derniers ne fassent référence à la Chine !

Autre nouveauté pour nos yeux d’occidentaux démocrates, ces petits brassards portés par certains citoyens dans la rue… Mais qu’est-ce que c’est ? Et bien, dans chaque quartier en Chine, il y a des  »responsables citoyens », repérables à leur brassard rouge fixé à la manche droite, qui représentent le gouvernement et veillent à ce que tout se passe bien. Ils dénoncent volontiers les incivilités ou un inconnu un peu louche…

Pour la propagande, difficile de bien l’analyser car nous ne comprenons pas le chinois mais l’existence de certaines affiches, banderoles démontrent qu’elle existe bien (idem pour les médias).

Le piéton

Eh bien, on pourrait résumer à « rien », étant donné que le piéton ne représente rien sur la chaussée. Comme dans beaucoup de pays, c’est toujours la loi du + fort qui l’emporte. Donc c’est d’abord le bus qui passe, ensuite la voiture, le 2 roues et enfin le piéton. Les 2 roues roulent partout, sur la chaussée bien sûr, mais aussi sur les passages piétons, sur les trottoirs et aussi à contre sens. Et même si le feu est rouge ou que ce soit une petite ruelle qui semble piétonne, et bien il faut rester vigilant, ça roule toujours !

Conclusion

1 mois en Chine ne nous a bien sûr pas suffit à véritablement aborder cet immense territoire. C’est un pays très contrasté, les villes semblent tournées vers le futur, avec des aménagements récents et de grande ampleur tandis que les campagnes semblent figées dans le passé et se vider. Les opposés sont également flagrants entre les générations, avec pour les plus anciennes encore des vêtements à la Mao et pour les plus jeunes, des tenues occidentalisées. On se demande comment, ce pays qui s’est littéralement transformé ces 20 dernières années, va évoluer. Le miracle économique va-t-il durer ? Quels changements sociaux vont entraîner leur nouveau mode de vie ? Il serait sûrement intéressant d’y revenir dans 15 ou 20 ans.

Concernant le voyage, ce fut pour nous, le pays le plus difficile pour comprendre et se faire comprendre, néanmoins, les Chinois étaient souvent vraiment adorables avec nous. Bref, un pays déroutant et très captivant.

Nous partons maintenant pour la Mongolie.

3 commentaires sur “Carnet de voyage en Chine”

  1. Ping : Carnet de voyage en Mongolie | Fondarch

  2. J’aime bien la Chine, j’y suis allée une fois. J’apprécie particulièrement la culture chinoise. Par contre, je dois avouer que je crains toujours avant de commander un plat dont le nom ne me parle guère. J’ai peur de manger du chien ou un chat par mégarde, ha3 !! Autrement, c’est un pays rempli d’innovation et de technologie, un point que j’affectionne particulièrement.

    1. Merci pour votre commentaire.
      Mais je ne pense pas qu’on y mange du chien ou du chat, c’est une légende. Au contraire, les chinois adorent les animaux de compagnie.

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