Carnet de voyage en Russie

Après un road trip en Mongolie, la Russie est la dernière étape de notre tour du monde.

Le Transsibérien

Et c’est reparti ! Nous reprenons le train mythique, cette fois pour traverser la Russie. Le trajet depuis Oulan-Bator jusqu’à Moscou la capitale russe, va nous prendre 4 jours. Mmh ! On espère avoir des voisins sympas dans notre compartiment 4 couchettes.

Mardi 13h50, c’est le départ. Pas de voisin, nous nous installons donc tranquillement et découvrons le train. C’est l’occasion de se rendre compte que celui que nous avions pour faire Beijing-Oulan-Bator était neuf ! Celui-ci est plus vieux, pas de petites TV individuelles. Mais c’est propre et cela reste fonctionnel. De toute façon, les films russes ou mongols, on ne les comprend pas ! Notre Provodnitsa est plutôt baraque, un genre de Tata Russe telle que nous pouvions l’imaginer. Âgée d’une cinquantaine d’années, Pronostika comme nous l’appellerons, est blonde aux cheveux courts, aux yeux rieurs et au sourire franc. Nous allons passer un bon voyage avec elle.

Mongolie, c’est fini !

Les derniers paysages mongols ne nous offrent pas de grandes surprises. Toujours de grandes étendues, des steppes broutées par les troupeaux ou balayées par les vents. Nous apercevons nos dernières gers et cavaliers et disons adieu à ce beau pays.

Comme à l’aller, le passage des frontières s’effectue au moment où nous irions bien nous coucher. L’ensemble des formalités dure 3h et nous assistons à une fouille musclée du compartiment par les douanes russes qui doivent s’inspirer du personnage de Lara Croft pour le recrutement de leur personnel féminin ! A 1h du matin, nos passeports sont bien tamponnés, le train repart et nous, nous pouvons enfin nous coucher !

La Russie…

Après une bonne nuit de sommeil, il nous tarde d’ouvrir le store pour découvrir le nouveau pays dans lequel nous sommes depuis déjà quelques heures. C’est rigolo comme introduction.

Les premiers paysages russes ne nous étonnent pas beaucoup, c’est comme dans les documentaires TV. Nous traversons des petites villes avec des maisons en bois et aux toits de tôle. Les volets et les encadrements des fenêtres sont colorés, apportant un peu de gaieté et d’originalité dans ce décor qui est souvent le même. Des petits potagers sont souvent attenants à la maison, et le tout est clôturé par une palissade en bois.

Le bois. Contrairement à la Mongolie qui en faisait également une consommation impressionnante pour ses palissades, la Russie ne semble pas en manquer. Partout, nous trouvons des forêts de sapins et de bouleaux. L’industrie du bois semble bien développée, nous en constaterons plusieurs exemples sur le trajet (exploitation et chargement de trains). Même lorsque nous ne traversons pas de forêt, cela reste bien vert, avec de grandes herbes et des talus broussailleux, etc. Même leurs cimetières en sont envahis. Les tombes sont délimitées par de petites clôtures de fer, cela fait penser à de vieux lits en ferraille abandonnés dans les champs et entourés d’herbes et de fleurs sauvages. Plutôt bucolique comme cadre !

Au début du voyage, les aperçus des villes et des gares ressemblent assez aux images tristounes des bâtiments grisâtres postsoviétiques, à l’entretien limité voire inexistant. Mais plus nous approchons de l’ouest, et plus la population s’intensifie et les villes semblent plus riches et industrialisées. Certaines gares sont toutes neuves, d’autres comme celles d’Irkoutsk sont fraîchement repeintes, lui donnant un cachet indéniable.

Après les paysages mongols et la découverte des premiers paysages russes jusqu’au lac Baïkal, les panoramas ne varieront quasiment pas. Toujours de grandes étendues planes, recouvertes de forêts de pins et de bouleaux, séparées par de grandes prairies et quelques cours d’eau. Au kilomètre 4518, un obélisque indique la frontière Europe-Asie. Il nous reste 1748 km à parcourir jusqu’à Moscou. Désormais, le terrain prend un peu relief, avec des collines, toujours vertes et boisées. C’est un peu plus charmant.

Tout au long du parcours, le train s’arrête dans plusieurs gares. C’est l’occasion de sortir 20 à 30 mn marcher un peu et faire quelques emplettes dans les petites échoppes sur le quai. Derrière les vitrines, l’essentiel est là : pain, gâteaux, confiserie, plats préparés, boissons avec souvent un large choix de bières et vodka. Pour se restaurer, nous sommes donc devenus des pros des plats instantanés. Comme en Chine, de l’eau bouillante est à disposition dans chaque wagon. Cela nous permet de nous préparer thé, café, soupes, nouilles et autres repas qui vont encore plus nous faire apprécier le retour en France ! Nous tentons le wagon restaurant, mais c’est cher et gras. Là encore, nous allons attendre la France pour se faire plaisir !

Moscou

23-24 juin

La capitale russe nous accueille avec un ciel bleu et un soleil éclatant. Après une petite douche (bien appréciée après 4 jours de train) à notre auberge de jeunesse sponsorisée par IKEA, nous pouvons enfiler short et petite robe. Qui a dit qu’il faisait froid en Russie ? Les Moscovites sont en jupes courtes aussi, certaines filles sont vraiment très belles, mais bon, côté look, les russes ont l’air d’être capable du pire comme du meilleur. Arrêtons la critique, quand on voit nos dégaines depuis presqu’un an, on n’a rien à dire !

Plus sérieusement, Moscou nous surprend agréablement. Nous nous attendions à une ville froide, grise et avec de massives constructions soviétiques sans charme, et bien pas que. Nous trouvons aussi des grands bâtiments aux façades classiques, avec des colonnades, des statues, des sculptures. Les murs sont peints de couleurs pastel, les encadrements des fenêtres en blanc, le tout est plutôt sobre et élégant. Le métro est à la hauteur de sa réputation, superbe. Construit sous l’ère soviétique, on voulait les espaces publiques et populaires aussi beaux que ceux des bourgeois. Résultat : un métro au charme désuet, plutôt classe qui nous ramène dans le passé. Certaines stations sont décorées de fresques glorifiant le monde ouvrier brandissant la faucille et le marteau. Un vrai livre d’histoire !

Les classiques : le Kremlin & la Place Rouge

Aujourd’hui, le temps est à l’automne, il fait gris, froid et il pleut ! Ah… faut se rhabiller en fait !

Nous visitons avec beaucoup d’intérêt le Kremlin qui est d’une richesse architecturale époustouflante. Le Kremlin (ville fortifiée en russe) est le cœur de Moscou et de la Russie aussi puisque c’est ici que les tsars, dirigeants communistes et présidents ont gouverné le pays. A l’intérieur de l’enceinte, on trouve donc des bâtiments gouvernementaux, des palais et plusieurs cathédrales. Ces dernières recèlent de vrais trésors d’architecture, d’œuvres d’art et renferment également les tombeaux des tsars et des patriarches de l’Eglise orthodoxe.

Nouvelle surprise moscovite, nous voici sur « la » fameuse Place Rouge. Nous ne nous attendions pas à sa taille. Et oui, elle est enfin de taille humaine, ça change pour un pays communiste ! Le mausolée de Lénine, pareil ! Au vu des photos, on imaginait un truc colossal. Bien sûr, cela reste un bâtiment important, mais rien à voir avec celui d’Ho Chi Minh au Vietnam ou de Mao en Chine. Une fois de plus, il semblerait que les élèves aient dépassé leur maître, mais pas toujours pour le meilleur. Selon nous, cette Place Rouge est beaucoup plus agréable que Tiananmen par exemple. Enfin, nous terminons notre lot de surprises avec la cathédrale Basile le Bienheureux, que tout le monde connait, si si ! C’est cette fameuse construction à la Walt Disney avec des bulbes d’oignon de toutes les couleurs, le symbole de la Russie ! Nous sommes bien surpris par son style et ses couleurs, un vrai délire. Mais nous l’imaginions plus grande également ! Bref, la Russie nous surprend de façon positive et les russes aussi ! Nos contacts dans les auberges, restos et autres guichets sont toujours aimables et souriants.

St Petersbourg

25-27 juin

Pour rallier St Petersbourg depuis Moscou, nous reprenons le train. Un train moderne, tout beau, tout neuf. Mais nous n’avons pas vraiment le temps d’en profiter, on part à 23h et arrivons à 6h30 après une bonne nuit de sommeil sur nos couchettes.

Une fois de plus, il fait beau quand on arrive (à espérer que ce sera pareil pour notre retour en France !). Mais bon, comme à Moscou, le temps varie beaucoup dans une même journée et on mouillera aussi…

La découverte de la ville est un véritable émerveillement. On ne sait plus où donner de l’appareil photo ! Que des palais, des belles façades, des statues, des sculptures, on se répète par rapport à Moscou ?! Oui, mais ici, c’est puissance 10, voire 1000 ! Avec ses grandes avenues, ses canaux, ses façades classiques, ses jardins et ses églises, St Petersbourg nous rappelle Paris, Amsterdam, Vienne, l’Italie…  Cette ville est un résumé des beautés d’Europe à elle toute seule… La lecture de son histoire nous en apprend plus et donne réponses à nos questions. La belle St Petersbourg est née en 1703 de la volonté du tsar Pierre le Grand, qui la souhaitait conçue sur les modèles et merveilles d’Europe. Pour cela, il a fait venir architectes et artistes allemands, français, hollandais, italiens, etc. On comprend mieux les influences… Impossible de vous décrire un site plutôt qu’un autre, il y en a trop !

Bien sûr, nous avons fait « la » visite incontournable de la ville : le musée de l’Hermitage. Il s’agit en fait d’un des plus beaux musées du monde situé dans l’ancien palais des tsars. Pour résumer un peu vite, on dirait que c’est un genre de Louvre au château de Versailles. Inutile de préciser qu’il faudrait donc avoir une carte d’abonnement illimité pour essayer de tout admirer !

Avec la Russie, notre tour du monde s’achève en douceur et en beauté. L’expérience du Transsibérien était vraiment unique et nous a ramené tranquillement vers l’Europe. Moscou et St Petersbourg nous ont offert des repères familiers, telle une préparation au retour tout proche. La Russie a été une agréable surprise avec des contacts sympathiques et tant de merveilles à découvrir.

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