Projet de restitution d’œuvres d’art africaines

art africain

Des objets d’art africains devaient être restitués à leurs pays respectifs. Pour le moment, il s’agit des pièces du trésor ayant appartenu au roi Béhanzin et du sabre du Cheikh Omar Tall qui devraient être rapatriés au Bénin et au Sénégal. Telle est la portée de la loi d’exception amendée le 4 novembre par le Sénat.

Des trésors indûment acquis

Au total, 90 000 pièces africaines ont été recensées dans les musées français. La restitution porte sur 46 000 pièces au moins. Il est question, dans l’immédiat, de restituer 26 pièces du trésor du roi Béhanzin qui ont été soutirées au palais d’Abomey en 1892 suite à un pillage. Lesdites pièces sont actuellement exposées au musée du quai Branly. Le sabre à haute valeur symbolique de Cheikh Omar Tall a déjà été rapatrié au Sénégal. 

Une décision qui n’est pas pour plaire au sénat qui a été stupéfait de constater, par voie de presse, que la couronne du dais de Ranavalona III a été renvoyée à Madagascar. Cette couronne, qui est partie en même temps que le sabre, était conservée au musée de l’armée depuis 1910.

Pour les sénateurs, le gouvernement donne la priorité aux enjeux diplomatiques au détriment de l’intérêt culturel et patrimonial. Il faut remarquer que ces restitutions ne sont imposées par aucune loi internationale, car la convention de l’UNESCO n’est pas rétroactive. Cette décision fait suite à la promesse faite par le Président de la République en 2017 dans le cadre de la refondation des relations culturelles avec le continent.

Depuis l’annonce faite, de nombreux pays africains ont déjà réclamé une centaine d’objets. La procédure de restitution s’annonce déjà difficile vu le problème de traçabilité qui se pose. En effet, de nombreux biens proviennent des butins de guerre, de pillage ou de vols. Certains ont fait l’objet de dons, de troc ou même de razzias de la part d’un roi dans une localité voisine. Il est, de ce fait, difficile de connaître les pays d’origine de chaque objet.

Masque africain
Masque africain

Pour y remédier, il a été proposé de mettre en place un comité scientifique chargé d’étudier la question et de faire la lumière sur la provenance des œuvres. Il en va de même des objets qui appartiennent à des ethnies présentes dans plusieurs pays. La question qui se pose ici est de savoir à quel pays remettre ces objets.

Vu l’ampleur que prendront ces retours, le sénat préconise la constitution d’un conseil national de réflexion sur la circulation des biens culturels.

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