Carnet de voyage au Chili

C’est au tour du Chili de nous accueillir après notre tour en Argentine.

21-22 novembre

Pour visiter les merveilles de la Patagonie qui se partage entre l’Argentine et le Chili, nous ferons plusieurs allers-retours entre les frontières des deux pays. La Patagonie chilienne se caractérise par des paysages marins sauvages, bordés de pics glacés, les imposants massifs de Torres del Paine et la steppe désolée. C’est une région montagneuse, rude et sculptée par les vents d’ouest.

Valparaiso
Valparaiso

Nous commençons notre 1er séjour chilien en arrivant à la ville portuaire de Puerto Natales. Nous nous reposons un peu, linge, courses, internet et préparation du prochain trek. Nous sommes installés dans une bonne petite auberge, à l’accueil proche de la chambre d’hôte, avec des couettes douillettes et des confitures maison. Après les nuits froides en camping en pleine montagne, nous apprécions l’ambiance familiale de cette maison chaleureuse.

Parc National Torres Del Paine

23-27 novembre

Torres Del Paine
Torres Del Paine

Nous voilà partis pour 5 jours de randonnée dans ce parc réputé. Ses plus hauts sommets qui donnent le nom au parc sont les « tours du Paine » (Torres del Paine), des sommets de granit de 2 800 mètres. Le reste du parc permet d’admirer de superbes panoramas, des glaciers, des lacs en traversant des plaines, des forêts et des paysages de montagne. La faune locale est constituée de pumas, de renards, de flamands, de guanacos (cousins des lamas) et de toutes sortes d’oiseaux. De nombreuses variétés de fleurs égayent la steppe patagonienne. Les arbres torturés par les forts vents d’ouest prennent des formes incroyables. Une journée de pluie incessante nous force à rester à l’un des refuges du camping. Une journée à jouer aux cartes, boire du thé et partager nos expériences avec les autres randonneurs. Après 100 kms parcourus, nous rentrons enchantés de ce trek qui nous offre encore de beaux paysages naturels.

Puerto Natales

28 novembre

Nous retrouvons notre petite auberge pour cette journée de repos, linge : tout est à laver, du coup on ne peut plus sortir ! Ça tombe bien, on a surtout besoin de se reposer, au chaud !

Puerto Natales
Puerto Natales

Punta Arenas

29 novembre

Nouveau bus pour rejoindre la ville de Punta Arenas, encore plus au sud, postée sur le détroit de Magellan. Base militaire et pénitencier à son origine, la ville de 130.000 habitants s’est ensuite fortement développée avec l’élevage des moutons qui s’implanta au cours du dernier quart du 19ème siècle. Aujourd’hui, son économie est basée sur l’industrie pétrochimique, son port dynamique, les touristes en croisière et les randonneurs.

Pingouins sur Punta Arenas
Pingouins sur Punta Arenas

Notre étape à Punta Arenas nous permet d’aller visiter une colonie de pingouins de Magellan. Les pingouins vivent entre 25-30 ans et reviennent toujours à l’endroit où ils sont nés pour la saison de la reproduction. Les couples sont fidèles et se partagent la garde de leurs petits et la recherche de nourriture. Ils peuvent nager 8 heures durant et plonger entre 30 et 35 mètres en quête de nourriture. Notre excursion nous permet de les observer sur la côte, faire l’aller-retour entre la mer et leurs nids, situés en retrait sur les terres, semi-enterrés.

Nous ne nous lassons pas de les observer déambuler avec leur démarche maladroite. Nous pourrions rester des heures à les observer malgré le froid et vent. Mais nous ne disposons que d’une heure. Nous repartons à contre cœur, encore une fois, nous redevons des enfants émerveillés en les voyant de si près.

On repart pour l’Argentine…

30 novembre

Nous reprenons un bus pour rejoindre la ville qui se revendique comme la plus australe du monde entier, Ushuaia ou la ville du bout du monde. Ushuaia est situé en Terre de Feu, côté argentin. Séparé du continent par le détroit de Magellan et partagé entre le Chili et l’Argentine, l’archipel se compose d’une grande île, Isla Grande de Tierra del Fuego, et de nombreuses îles plus petites, souvent inhabitées (pour la suite, voir Carnet de route Argentine).

Retour au Chili

4 décembre

Après notre excursion à Ushuaia et le parc national de la Terre de Feu, nous repassons une nouvelle journée de bus pour rejoindre Puerto Natales au Chili, Nous y retrouvons bien sûr nos repères dans notre petite auberge déjà côtoyée deux fois. Depuis notre départ, nous ne sommes jamais restés aussi longtemps au même endroit, cela fait du bien d’y retourner et surtout d’y retrouver les bonnes confitures maison J !

Croisière à travers les fjords chiliens

5-9 décembre

Nous embarquons sur un ferry pour relier Puerto Natales à Puerto Montt situé plus au nord, en traversant les fjords chiliens. Bon, ce n’est pas vraiment une croisière, le ferry est à la base dédié aux transports de marchandises, mais tourisme oblige, ils ont aménagé quelques cabines et dortoirs pour une centaine de touristes principalement européens. La traversée se passe bien, oiseaux marins, dauphins, îlots, chutes d’eau et glaciers agrémentent les journées. L’une d’elle sera plutôt agitée pour Lili qui inaugure son premier mal de mer. Après quelques sacs de vomi, elle se résigne à la piqûre fatidique mais efficace sur son fessier. Ça soulage mais elle aura mal aux fesses jusqu’au lendemain !

Ile de Chiloé

9-11 décembre

Arrivés à Puerto Montt, nous ne nous attardons pas dans cette ville portuaire. Nous prenons la direction de l’ile de Chiloé accompagnés de deux autres couples français rencontrés sur le bateau.

Longue d’environ de 200 km et large de 50 km, l’île a su conserver ses traditions et résister jusqu’au années 60 aux influences chiliennes ou internationales. L’architecture et la cuisine en sont les meilleurs exemples. Les maisons arborent des toitures et des façades typiques en bois, toutes de différentes couleurs. On trouve les palafitos, des maisons en bois, construites sur pilotis au bord de l’eau. Et enfin, on dénombre une centaine d’églises sur l’île, dont 16 d’entre elles sont inscrites au Patrimoine mondial de l’Unesco.

Les palafitos

Côté culinaire, les poissons et fruits de mer sont bien sûr à l’honneur sur les cartes des restaurants. La spécialité chilote s’appelle le curanto, à l’origine préparé lentement dans un trou creusé dans la terre. On y faisait chauffer des pierres puis on y empilait crustacés, viande de porc et poulet, le tout était recouvert de feuilles et laissé à mijoter près de 2h. Peu de restaurants le préparent encore dans la terre, mais le plat est toujours au menu. Après essai, ce n’est pas de la cuisine très raffinée, plutôt une montagne de nourriture, mais les produits sont bons. C’est l’occasion pour nous de goûter aux moules géantes que l’on a vu au marché aux poissons. Et elles sont bonnes !

Les moules géantes de Chiloé

La visite de l’île se fait dans une magnifique VOLVO qui doit elle aussi avoir atteint la trentaine, entassés à 6 dedans, nous ne sommes pas si mal installés. Elle nous permet en tout cas de nous promener dans des paysages vallonnés qui nous rappellent la Suisse Normande, avec des champs bien verts, clôturés de fossés et où paissent de belles vaches. On trouve également beaucoup de petits bois, de vergers, l’île exporte en autre ses pommes. Et dernier point commun : la pluie, qui sera toujours un peu de la partie pendant notre séjour. Les fleurs abondent dans les jardins. L’île est une jolie escale au charme un peu désuet.

La rhubarbe géante, une autre spécialité !

12-13 décembre

Aujourd’hui est un grand jour. Comme on ne se trouvait pas assez aventuriers, on s’est dit qu’il était temps de devenir de vrais routards.  On tente le stop ! Nous nous postons à la sortie de la ville. Pas évident au départ de trouver le bon spot. Après quelques délibérations, on bouge un peu et commençons à lever le pouce. Nous patientons ¾ d’heure avant d’être embarqués par le 1er chauffeur, un gentil monsieur d’une cinquantaine d’années qui part au boulot (peintre en carrosserie). Ensuite, nous enchaînons sans trop attendre avec un vitrier, les sacs sont posés à l’arrière du camion et nous voilà partis pour un bon bout. Avec lui, nous prenons le bateau pour rejoindre le continent. Et voilà, 165 km parcourus pour cette première journée, sans avoir galéré, nous sommes plutôt contents ! Nous nous reposons à Puerto Varas, une ville touristique aux influences allemandes du fait de leur immigration massive (40.000 allemands s’installeront au Chili fin 19ème, début 20ème).

2ème jour, c’est reparti pour l’aventure. Nous nous postons à l’entrée de la Panaméricaine, pour remonter vers le Nord. Encore une fois, il nous faut déterminer le meilleur emplacement. Nous ne tardons pas longtemps à trouver un automobiliste. Nico nous a dégoté un gentil monsieur qui veut bien nous prendre dans son pick up 2 places. On est un peu tassés l’un sur l’autre pendant 80 km mais bon on avance ! Il nous faut un peu plus de confort, du coup, Lili prend les choses en main et un routier s’arrête. Ah ! On est quand même plus à l’aise dans un 38 tonnes ! On se fait embarquer également par un prof, puis une fois encore, par un routier, Paolo. Super sympa, il fait un détour pour nous déposer en face d’une gare de bus pour terminer notre voyage. Au final, 300 km parcourus pour cette 2ème journée de stop. Riche en rencontres et échanges, nous sommes ravis de cette nouvelle expérience.

Pucon

14-16 décembre

Pucon
Pucon

Nous voici arrivés dans la région des lacs, couvertes de prairies, de forêts, de lacs et de volcans aux neiges éternelles. Le bois est encore à l’honneur dans les constructions, et l’architecture rappelle encore l’Allemagne. Très touristique, Pucon offre diverses activités : rafting, kayak, ski, eaux thermales, randos dans les parcs nationaux. Nous visitons celui de Huerquehue, l’occasion d’admirer l’araucaria, l’arbre star local qui était déjà d’actualité à la Préhistoire. Une autre rencontre mémorable, celle de l’araña pollito, une jolie tarentule qui nous barre le chemin. On est ravis de la voir s’éloigner !

Santiago

17-20 décembre

Santiago centre-ville
Santiago centre-ville

Et voilà, nous touchons à la fin de notre parcours chilien, et une fois n’est pas coutume, nous terminons par la capitale du pays. Sur les conseils de nos amis suisses, nous nous installons dans l’une des meilleures auberges que nous ayons eues jusqu’à présent. Perchée au 6ème étage d’un immeuble de la place centrale de Santiago, la vue est superbe, l’animation permanente et bien sûr cette hostal est très bien située.

Santiago ne présente que peu d’édifices à l’architecture remarquable ; à cause des séismes, il ne reste qu’une seule façade de l’époque coloniale. Dans le centre historique, entre deux immeubles sans intérêt des années 80, on trouve quelques édifices datant de la fin du 19ème plutôt massifs et peu élégants. Mais Santiago est vaste et se divise en plusieurs quartiers qui présentent chacun un style différent. Le Barrio Paris-Londres est assez surprenant, quelques rues pavées avec des bâtiments aux allures européennes. Le quartier d’affaires prend des airs de Manhattan avec ses grattes ciels et ses boutiques américaines (Starbuck Coffee, Dunkin & Donuts, etc.).

On trouve des quartiers résidentiels, aux immeubles de moyennes tailles bien entretenus par leurs concierges et autre personnel de maison. Ces quartiers tranchent avec l’ouest de la ville, plus populaire et beaucoup moins propret. On retrouve les petits marchands de rue à qui l’on peut acheter à peu près tout et n’importe quoi ! En ce moment, période oblige, on trouve tout pour jouer les Pères Noël. D’ailleurs, les Postes sont occupées par des Chiliens qui viennent lire le courrier du Père Noël qui est entreposé dans de grandes boites à disposition du public. Assez touchant de pouvoir lire et regarder les courriers et dessins d’enfants. Les magasins arborent les décorations et les Pères Noël posent à côté des enfants. Avec nos habitudes européennes où Noël rime avec hiver, nous avons du mal à croire que c’est vraiment maintenant, car ici c’est l’été et il fait 30° tous les jours !

Comme le monde est petit, nous avons rendez-vous avec Charline & François, notre couple tourdumondiste Nantais recroisé à plusieurs reprises. Mais l’endroit du rendez-vous n’est pas très clair et on tourne un moment avant de se retrouver. Un comble ! Alors qu’on recroise plusieurs fois les mêmes gens, ce serait tout de même bête de se louper alors qu’on s’est donné rendez-vous ?! Non ! C’est bon ! Nous nous retrouvons et échangeons les dernières nouvelles autour des spécialités chiliennes dont le Lomo al lo pobre, un morceau de bœuf surmonté d’un œuf au plat accompagné de frites et d’oignons fondus. Pas de la grande cuisine raffinée mais ça cale !

Valparaiso

20-21 décembre

Valparaiso
Valparaiso

Petite escale sur la ville portuaire de Valparaiso. L’intense trafic maritime du 19ème siècle a permis à cette ville de se développer, de se parer de beaux immeubles et de même surpasser économiquement Santagio à cette époque. Mais l’ouverture du canal de Panama a stoppé l’économie florissante de la ville (les bateaux ne passant plus par le Cap Horn, ne faisaient plus escale à « Valpo »). Aujourd’hui, de nombreuses belles façades d’immeubles et villas sont le témoignage de la richesse d’antan mais peu d’entre elles sont entretenues ou rénovées. Le charme de la ville est assez désuet. Néanmoins il reste l’un des attraits intéressants à savoir que la ville s’est construite autour d’une baie surplombée de multiples collines où toutes les maisons sont colorées. En se donnant un peu de peine à arpenter les rues pentues, nous sommes vite récompensés des beaux points de vue sur cette ville arc en ciel qui est un véritable terrain de jeu pour les artistes, comme l’attestent les milliers de fresques et de tags que l’on trouve partout !

Il nous reste maintenant à découvrir une petite île qui appartient officiellement au Chili : l’Ile de Pâques mais nous la considérons à part du continent américain et lui consacrons donc une section spécifique.

Du Chili, nous retiendrons l’accueil chaleureux de ses habitants, les paysages fascinants de la Patagonie et cette expérience positive qu’a été le stop !

1 commentaire sur “Carnet de voyage au Chili”

  1. Ping : Carnet de voyage à l'île de Pâques | Fondarch

Laisser un commentaire