Carnet de voyage au Vietnam

Revenant tout juste d’Australie nous avons hâte de rejoindre le continent asiatique.

Hanoi

21-23 janvier

Nous voilà dans la deuxième partie de notre voyage. Non seulement, nous en sommes déjà à la moitié, mais nous changeons aussi littéralement de culture. Nous sommes arrivés sur le continent asiatique où les baguettes sont reines !

Le Nouvel An

Nous commençons le Vietnam par Hanoi, sa capitale qui est située au nord du pays. Nous arrivons en pleine fête du nouvel an, la fête du Têt, qui selon le calendrier vietnamien, tombe chaque année entre fin janvier et début février. Cette année c’est le 23 janvier.  En se promenant, nous sentons cette atmosphère de pré-festivité, tout comme en France la veille des fêtes, c’est l’heure des derniers achats et les magasins ferment plus tôt. Le dimanche soir, les feux d’artifices fêtent dignement la nouvelle année, celle du Dragon d’Eau.

Le lendemain, comme tout jour férié, tout est fermé et les rues sont désertes. C’est tellement peu animé que nous retournons à notre hôtel attendre que la ville s’éveille un peu. La gentille patronne de l’hôtel nous offre du « gâteau », spécialement préparé pour l’occasion, aux saveurs salées, nous ne savons pas ce que nous mangeons, mais avec un peu de sauce, c’est bon.

Les transports et … la mode !

Dès notre arrivée, nous avons été marqués par la quantité de scooters et de mobylettes ! Les 2 roues sont plus nombreuses que les voitures (2 personnes sur 3 doivent posséder un scooter ?), mais lorsqu’il y a des voitures, celles-ci sont souvent luxueuses, 4×4 ou allemandes… La ville fourmille de partout, les 2 roues vont dans tous les sens. La circulation très dense est rythmée par les klaxons et c’est souvent la loi du plus gros pour les priorités. Les chargements valent le coup d’œil. Avec des enfants, ils peuvent monter jusqu’à 5 personnes sur un scooter. Avec des marchandises, c’est parfois impressionnant, un véritable numéro d’équilibriste lorsqu’ils sont à l’arrêt. C’est bien simple, rien ne semble impossible à transporter sur ces 2 roues ! La règle s’applique également aux vélos qui ne manquent pas non plus.

Les scooters ne résistent pas à la mode, les casques font l’objet de motifs et de couleurs pour tous les goûts, certains arborent même des marques très connues mais je doute que Louis Vuitton ou Apple aient siglé des casques de motards ! C’est néanmoins rigolo à voir.

D’ailleurs, les jeunes Vietnamiens sont assez fashion, les jeunes femmes sont très coquettes, maquillées, les cheveux teintés, à hauts talons. Nous ne sommes pas en Bolivie ! Une fois de plus, les dérivés de grandes marques sont partout. Bon, il faut avouer que les femmes sortent aussi souvent en pyjama, ces pantalons et tuniques cousus dans le même tissu. C’est un peu moins classe !

La ville en elle-même

Nous avons tout de même visité la ville et ses points d’intérêts. Nous commençons par le Temple de la Littérature. Un ensemble de temples et de cours avec jardins et bassins en enfilade, qui est bondé de touristes étrangers et locaux. Une promenade plus vivante nous emmène dans le quartier dit « des 36 corporations ». Installé dans le cœur historique, il s’agissait en fait d’un quartier où chaque corps de métier était représenté par une rue, on trouve ainsi : les rues de la chaussure, de la mercerie, des stèles funéraires, du sucre, etc. Aujourd’hui, les distinctions sont moins marquées et on n’a pas trouvé la rue à touristes, mais ce quartier qui est inscrit sur la liste du Patrimoine Mondial de l’Unesco, est très intéressant à visiter. Ces petites rues qui partent un peu dans tous les sens, sont plus chaleureuses que les grandes rues découpées au cordeau sous le colonialisme français.

Les rues, parlons-en justement ! Eh bien, disons qu’il faut être attentif quand on s’y promène. Comme déjà cité plus haut, la circulation est très forte et ça roule dans tous les sens. Difficile d’anticiper le chemin que va prendre un 2 roues. Et puis voilà, il faut bien les garer tous ces véhicules ?! Ils sont donc sur les trottoirs, déjà envahis par les marchandises et les petites cuisines de rues (une petite roulotte où la cuisinière prépare sa popote, qu’elle sert ensuite à ses clients installés sur des petits tabourets et des petites tables dignes d’une école de maternelle pour l’œil occidental). Bref, le piéton est remisé sur la chaussée, avec, je le rappelle, la règle du plus fort. Il faut donc être vigilant si on veut arriver à bon port en entier ! Mais que nos Mamans se rassurent, on s’y fait vite.

L’architecture

Les maisons sont toutes construites sur le même modèle. Le pignon qui donne sur la rue ne fait que 3-4 mètres de large, tandis que la maison s’étend sur une dizaine de mètres. La maison est dotée en moyenne de 3 étages, le rez-de-chaussée étant réservé aux commerces et les habitations dans les étages. Ce qui est le plus rigolo à voir, c’est ce fameux rez-de-chaussée car même si le business se fait ici, c’est également le salon-salle à manger et garage de la maison ! Les fauteuils et TV y sont souvent installés, on y voit ainsi les familles prendre leurs repas, et en fin de journée, une petite rampe installée devant chaque porte permet d’y rentrer le scooter qui se retrouve garé pour la nuit au milieu du salon. Plus rare, mais nous avons même vu des voitures ! Partout des centaines de fils électriques (dont l’installation semble sauvage tellement elle apparaît désordonnée) et arbres dénudés de feuilles donnent une allure cahoteuse aux façades, dont les balcons et fenêtres sont souvent inondées de bric-à-brac. En périphérie, on trouve de hauts immeubles récents (bureaux et logements), avec des tours de verre qui sortent de terre autour de grands axes en cours d’aménagement.

La Baie d’Along

24-25 janvier

Pour visiter ce paysage mythique d’Asie, nous faisons appel à l’une des nombreuses agences de tourisme. Toutes proposent les mêmes excursions, avec souvent mot pour mot, le même descriptif sur leurs prospectus, l’unique différence se fera sur le prix négocié. On constatera par la suite, que le touriste est bien canalisé au Vietnam pour visiter les principaux points d’intérêts. Pas évident de sortir des sentiers battus.

Après 4h de route et une « pause » dans un magasin de souvenirs de la taille d’un hangar, nous arrivons à la ville côtière d’Along. De là, nous embarquons sur une jonque, ces fameux bateaux qui ne sont aujourd’hui que des copies, et uniquement réservés aux touristes. La « croisière » de deux jours nous permet de découvrir cette baie où 2 000 pains de sucre, ces monticules de calcaire qui émergent de la mer. Nombre d’entre eux sont creux et abritent des grottes qui ont servi de tous temps aux Vietnamiens, surtout en cas de conflits, pour se cacher ou stocker des armes. Pendant la guerre contre les Français et les Américains, certaines de ces grottes ont été bombardées et aspergées de napalm. On visite deux grottes, dont l’un des aménagements a été sponsorisé par les Chinois, partout des projecteurs de couleurs pour donner à la roche un côté kitch, inutile à nos yeux pour mettre en valeur la beauté des lieux. Certaines grottes sont si grandes, que l’on dirait des cathédrales naturelles ! Nous reprenons le bateau, continuons à déambuler entre ces pitons rocheux et dormons dans la baie. Celle-ci est enveloppée de brouillard pendant ces 2 jours ; contribuant à lui donner un côté assez irréel, l’eau est très calme, c’est assez étrange. Pourtant, il y a de la vie par ici, des villages de pêcheurs sont installés dans les îles environnantes.

Nous rentrons sur Hanoi en fin de journée pour prendre un bus de nuit. Pour rejoindre la gare routière, notre agence de voyage qui nous a vendu les billets nous a réservé une petite surprise : il faut y aller en scooter ! C’est ainsi, que nous nous trouvons assis chacun à l’arrière d’un scooter, chargés de nos gros sacs à dos, conduits par deux Vietnamiens. Et oui, rien n’est impossible ! La traversée de Hanoi est assez rock ‘ n roll, on s’en souviendra !

Le trajet en bus de nuit nous permet de découvrir un nouveau style de bus couchettes, encore du jamais vu. On verra plusieurs sortes d’aménagement pendant notre séjour vietnamien, mais tous présentent la même caractéristique, à savoir : conçu pour les asiatiques. Sachant qu’au Vietnam, ils mesurent en moyenne 1,60m, pas facile d’étendre nos jambes !

Les montagnes du Nord

26-29 janvier

Après un trajet peu confortable, nous arrivons à 6h30 à Sapa. Il fait nuit et la ville est encore endormie dans un épais brouillard. Après quelques minutes d’errance dans les rues, nous avons du mal à nous repérer. On se pose dans un des rares cafés ouverts et commandons un café. Ah ! Quelle surprise. La petite serveuse nous apporte un café filtre, une sorte de filtre métallique est posé sur le verre, avec de l’eau chaude versée dessus, un mince filet de café coule doucement dans le verre. Mais le goût est très (trop) fort. Difficile de s’y habituer, nous commanderons désormais des thés Lipton. Le jour se lève mais pas le brouillard, on voit à peine à plus de 10 mètres. Nous partons à la quête d’un hôtel, mais c’est touristique ici, c’est donc souvent cher ou complet. On ne rechigne donc pas à prendre une chambre sans chauffage, bien qu’il fasse environ 7° au plus chaud de la journée.

Nous sommes venus ici pour admirer les terrasses de rizières aménagées sur les flancs des montagnes (1 650 m), et partir à la rencontre des minorités ethniques qui habitent la région.  La première journée, le brouillard ne se lève pas et malgré nos promenades, nous n’admirons donc aucune rizière. Par contre nous côtoyons une population surprenante. Les hommes et surtout les femmes arborent des costumes traditionnels très colorés, les couleurs permettent de distinguer les minorités ethniques auxquelles ils/elles appartiennent. Parmi les plus importantes, citons les H’mongs Noirs. Ces derniers portent des tuniques de couleur indigo. Pour leur donner cette couleur, les vêtements sont colorés avec des plantes d’indigo (cultivées sur place) dont le colorant est si fort qu’ils tâchent les mains. Il y a également les H’mongs Fleuris, aux costumes + chatoyants, les Dzaos, etc. Ils parlent leurs propres langues (on compte une cinquantaine de minorités, avec souvent des dialectes différents). Tous ne parlent pas le Vietnamien. La diversité est si forte, qu’on pourrait croire avoir quitté le Vietnam.

Le lendemain, coup de chance, c’est grand soleil. Nous partons pour une balade à travers les villages et rizières environnants et sommes guidés par Mai, une jeune H’Mong Noire. Les échanges avec elle sont passionnants. Elle nous apprend beaucoup sur leur mode de vie, les rapports entre communautés et Vietnamiens. A 16 ans, elle parle un très bon anglais, appris essentiellement auprès des touristes qui lui assurent un revenu en tant que guide.

Dans quelques villages traversés, des habitants vivent de petit artisanat, mais surtout en autosuffisance semble-t-il avec les rizières, les petites cultures et le petit bétail, partout cochons et volailles se promènent en liberté. Il y a également quelques buffles, utilisés pour labourer les champs. Un buffle vaut une petite fortune ici, on se demande s’il n’est pas acheté en GAEC?!

Le marché de Bac Ha

Nous passons notre dernière journée au marché dominical de Bac Ha. Un véritable festival de couleurs. Outre les tenues traditionnelles, les stands sont colorés de légumes, fruits et épices multiples. Le marché est composé de 3 parties assez sectorisées : les stands d’artisanat pour touristes (qui vendent tous la même chose) et les stands pour les locaux (fruits-légumes-fringues), le marché aux bestiaux et les petites gargotes.

On déambule plusieurs heures sans les voir passer, toujours distraits par l’activité et la population. Des jeunes, des plus âgés. La vente des buffles, les combats de coq, les parties de billards et les paris en tout genre donnent une atmosphère très joviale. C’est la sortie du dimanche et on s’amuse. Les hommes sont souriants voire hilares devants ces spectacles. Nous ne sommes pas mieux. C’est vraiment sympa. Deux jeunes gens nous interpellent, et nous invitent à boire de l’alcool de riz avec eux. On accepte avec plaisir, on s’échange les meilleurs vœux pour la nouvelle année. Nos stocks de vocabulaire vietnamien et anglais s’épuisent vite, pas grave. La chaleur des poignées de main restera un souvenir mémorable. Beaucoup de femmes essaient de nous vendre un sac brodé, en refusant en souriant, on en gagne souvent un en retour, c’est agréable. En attendant notre bus sur le trottoir, je grelotte un peu. Une petite dame me touche la veste avec un petit sourire en coin, comme Mamy aurait pu le faire en me disant « Ben ! Ce n’est pas étonnant, t’as rien sur le dos ! » Nous ne parlons pas la même langue mais nous rions bien ! Le marché de Bac Ha, on a adoré.

Le bus du retour nous montre encore l’ingéniosité (ou la cupidité) dont font preuve les transporteurs. Le bus semble déjà plein quand nous y montons, pourtant il arrive à faire encore plusieurs arrêts, embarquant à chaque fois passagers et marchandises (qui sont installées sur le toit). Le bus est bondé, nous nous ne plaignons pas, je suis assise sur un siège et Nico sur un tabouret en plastique posé dans l’allée.

La Baie d’Along terrestre, grottes et pagodes

30 janvier

Après un trajet de nuit, nous sommes maintenant à Ninh Binh, ville au sud-ouest d’Hanoi. Ce sont les paysages de la Baie d’Along terrestre, de fameuses grottes et des temples qui nous amènent ici. Pour la visite, nous prévoyons de louer un scooter. Dans l’agence de location, nous rencontrons Rebecca, une jeune anglaise qui voyage seule. Elle souhaite se joindre à nous et loue donc aussi un scooter avec chauffeur. Nous voici partis tous les 4, le conducteur de Rebecca nous facilite grandement les choses pour trouver notre chemin ! Quelle chance. La conduite d’un scoot au Vietnam n’est pas aussi tranquille que sur l’Ile de Pâques, mais au fil des heures, c’est comme tout, on s’habitue et on aime bien !

La Baie d’Along terrestre c’est comme la Baie d’Along en mer, mais sans la mer ! Il faut imaginer ces monticules rocheux, éparpillés un peu partout, entourés de rizières, de petites routes et de villages. Nous visitons un temple juché au sommet d’un pain de sucre, 470 marches à monter, mais de là-haut, le panorama est superbe. Les rizières et les pains de sucre sont enveloppés encore d’une légère brume. C’est un bon complément de voir les deux types de baie.

Nous nous rendons ensuite aux grottes de Trang Han. Le parking est bondé de scooters, de voitures, de bus et de milliers de touristes, quasi tous asiatiques, (et oui, c’est une période de vacances avec la fête du Têt – voir plus haut). Nous patientons pour embarquer parmi les centaines de barques toutes conduites par des femmes. Une des originalités du coin : elles rament parfois avec leurs pieds, quelle souplesse ! Et voilà, c’est parti, nous naviguons sur la rivière à travers les pains de sucre, et hop les barques (qui se suivent toutes à la queuleuleu) disparaissent une par une sous l’un de ces pains de sucre. Il y a tellement de barques, qu’il y a embouteillage et il faut patienter un peu avant de rentrer dans l’une de ces fameuses grottes. Une fois dedans, nous suivons un couloir d’eau au plafond assez bas, qui chemine à travers le piton rocheux pour en ressortir de l’autre côté. Les barques sont tellement proches, les unes à la suite des autres qu’on pourrait se croire dans une attraction, genre la Maison des Poupées à Disneyland Paris, sauf qu’il n’y a ni les poupées ni les décors colorés. Bon, la formation naturelle de ces rivières souterraines est intéressante, mais l’ultra fréquentation touristique nous gâche le plaisir, on est content quand ça s’arrête.

Avant de rentrer, nous faisons un détour par la pagode Bai Dinh. Un projet titanesque de 2010 où tout est immense ! Une cloche de 20 tonnes, un bouddha de 150 tonnes, etc. Ce n’est pas forcément très raffiné mais ça vaut le coup d’œil.

Hué, la cité impériale

31 janvier

Nouveau bus de nuit et nous nous réveillons à Hué, ville de 400.000 habitants qui est située sur la route côtière, à presque la moitié du pays. La ville est renommée pour sa citadelle et les tombeaux royaux qui sont disséminés dans sa campagne environnante. Pour toutes ces richesses historiques, Hué se trouve inscrite au Patrimoine de l’Humanité.

La citadelle

Bâtie par et pour les empereurs de la dynastie Nguyen au 17ème siècle, la citadelle est désormais le dernier exemple existant de cité impériale au Vietnam. Entourée de plusieurs enceintes et de douves, la citadelle comprenait à l’origine une cinquantaine de bâtiments, organisés par quartiers selon leurs fonctions : cérémonie, religieuse ou résidentielle. Nous ne visitons aujourd’hui que le cœur de la cité royale qui est devenue musée, le reste de la citadelle est habitée de quelques 60.000 habitants, une ville dans la ville en quelque-sorte. La visite nous fait passer au travers de portes ouvragées où les éléphants, mandarins, soldats avaient chacun leur entrée, séparée de celle de l’empereur et de sa famille bien sûr ! Nous déambulons ensuite entre des bassins, des palais, des pavillons et des jardins… La guerre du Vietnam des années 70 a fortement endommagé le site historique : sur 67 édifices importants 42 furent anéantis par les combats et les bombardements. Une partie est restaurée, mais on trouve encore des places rasées et des ruines derrière des bâtiments.

Les tombeaux impériaux

Nous complétons notre visite royale par les tombeaux éparpillés dans un rayon d’une dizaine kilomètres de la ville. Comme on ne change pas une équipe qui gagne, nous sommes toujours accompagnés de Rebecca, avec 2 scooters et un guide qui nous amène aux principaux sites. Bien guidés, nous passons à travers les petites routes, profitant des scènes de vie locale, petits villages, sourires d’enfants et de travaux dans les rizières. L’intérêt est aussi grand pendant les trajets que les sites eux-mêmes. Les tombeaux royaux sont conçus pour la vie du défunt dans l’au-delà. Nous trouvons donc pour chaque tombeau des ensembles de temples, de bassins et de jardins, et toujours plus ou moins richement décorés. Ces mausolées servaient en quelque sorte de résidence à la campagne, érigée sur plusieurs hectares pour certains. Tout était donc conçu du vivant de l’empereur. Le plus amusant, c’est que finalement, l’emplacement précis où l’empereur est enterré n’était pas divulgué. Car comme ils se faisaient enterrer avec leurs trésors, il fallait dissuader les voleurs de creuser, ingénieux non ?!

La belle Hoi An et ses environs

1-4 février

Hoi An, la belle. On la surnomme ainsi pour ses deux principales caractéristiques : l’architecture et la mode. En effet, le touriste vient ici d’une part pour admirer les belles façades coloniales et les vieilles maisons traditionnelles en bois. Et d’autre part, il peut également profiter des nombreuses boutiques de textiles qui proposent les talents de leurs couturiers pour se faire confectionner des vêtements sur mesure, en un temps record. On se demande à quoi ressemblent les coulisses de ce business important. Les magasins sont bondés de touristes de tout âge qui choisissent tissu, couleur et coupe pour leurs futurs costumes, robes, manteaux chemises, etc. Il y a plusieurs choix pour tous les goûts et plusieurs qualités pour tous les budgets. Nous aussi nous nous laissons tenter, et nous revoilà habillés !

Entre deux retouches, nous visitons la ville. Une des plus belles du Vietnam à notre goût. Son vieux centre est classé au Patrimoine Mondial de l’UNESCO, et effectivement le charme opère quand on déambule entre ses ruelles et ses vieilles maisons parfaitement restaurées (grâce aux subventions). Certains jours, les rues sont fermées à la circulation et le soir, des lampions multicolores les illuminent. Un vrai plaisir pour le piéton, ce qui est d’autant plus appréciable au Vietnam.

Le marché aux poissons

4h, on se lève. Ce matin on visite le marché aux poissons. Sur la route, nous suivons d’autres mobylettes chargées de personnes qui portent de multiples ustensiles et habillés de sortes de cirés en plastique, c’est bon nous sommes sur la bonne route ! Arrivés sur place, il fait encore nuit. Nous approchons du quai où des petits bateaux de pêche accostent au fur et à mesure pour déposer leur butin. C’est une véritable ruche, ça butine dans tous les sens. Sur les bateaux des hommes, sur le quai ce sont surtout des femmes qui s’activent autour des poissons. Entreposés dans des bassines, ils sont ensuite rechargés sur des mobylettes, ça vaut le coup d’œil ! Nos têtes de blancs ne passent pas inaperçues. Nous sommes les seuls touristes et les gens ont l’air agréablement surpris à notre passage. Tous sont chaleureux, ils nous saluent, nous sourient. Une superbe et intéressante expérience, on se serait cru dans un reportage de Thalassa !

My Son

Après le marché, nous enfourchons notre scooter pour se nous rendre au site de My Son, à une trentaine de km de Hoi An. Il s’agit d’un site archéologique de la civilisation Cham dont les ruines actuellement visibles dateraient du 7 au 13ème siècle. Il reste une soixantaine de temples et édifices annexes, tous à l’architecture de brique rouge remarquable.

5 février

Après une nuit de bus, nous en reprenons un autre pour encore une journée de transport pour rejoindre Ho Chi Minh Ville, au sud du pays.

Ho Chi Minh ou Saigon ?

6-8 février

Nous sommes arrivés de nuit à Ho Chi Minh, et déjà le changement avec le nord du pays était frappant. Nous avons traversé une grande banlieue, flanquée de tours et de néons partout. Ho Chi Minh a des allures de grande ville, et la visite de jour nous conforte dans cette idée. De nombreux édifices coloniaux nous rappellent la France, comme la poste centrale dessinée par Eiffel, ou encore une cathédrale, dans le style des églises bien de chez nous. Beaucoup plus moderne que la capitale Hanoi, Ho Chi Minh (2ème ville du pays) est très développée et occidentalisée. L’ambiance y est moins austère, nombreux bars et restaurants jalonnent les rues. Et on ne parle pas des karaokés, certes y en a dans tout le pays, mais on n’en profite fortement une nuit ! Ah ! Ce ne sont pas tous de grands chanteurs !

A l’origine, Ho Chi Minh s’appelait Saigon. Elle a été rebaptisée en l’honneur de leur héros national en 1976, mais elle est encore appelée de son ancien nom.

La guerre du Vietnam

On ne compte pas jouer les historiens tant le sujet est complexe et délicat. Néanmoins voici ce que nous avons pu expérimenter en tant que visiteur à ce sujet.

Le musée des vestiges de la guerre – Ho Chi Minh.

A l’origine il s’appelait le musée des crimes de guerre américains, il aurait dû garder son nom. On comprend qu’ils puissent froisser certains touristes, néanmoins ce serait tout à fait approprié. Nombreuses photos et témoignages pour illustrer les horreurs de la guerre, avec en particulier les nouvelles techniques testées : déversement de napalm et défoliants, causant mort immédiate bien sûr, mais également maladies et malformations à la naissance par la suite, ce qui est tout à fait visible de nos jours. Edifiant.

Les tunnels de Cu Chi

Immense réseau de galeries souterraines creusées par les Vietnamiens pour se protéger et s’organiser contre l’ennemi tour à tour français ou américain. Il en existe ailleurs, mais le site de Cu Chi est aménagé pour la visite. Pour cela, les tunnels ont été élargis, on s’y promène pourtant accroupi et on ne pourrait pas rentrer par leur ouverture d’origine. Des trappes dignes d’un trou de souris. Difficile d’imaginer les conditions de survie pour ces Vietnamiens qui y avaient installés des unités de soin, des cuisines, des lieux de repos et de stockage d’armes. Une véritable vie souterraine se déroulait sous les pieds des Américains qui luttaient pour pouvoir les traquer.

Le delta du Mékong

9-11 février

Nous terminons notre séjour vietnamien par la région nourricière du pays, le delta du Mékong. 3ème plus long fleuve d’Asie, le Mékong prend sa source au Tibet, traverse la Chine, le Laos, la Birmanie, la Thaïlande, le Cambodge et se délie en 9 estuaires au sud Vietnam avant de se jeter dans la mer de Chine méridionale. Son débit varie de 15 000 m3 / seconde en période sèche à 60 000 m3 pendant la mousson. Les habitants de la région vivent « de » et « avec » le fleuve, adaptant les habitations sur pilotis ou flottantes. Le sol particulièrement fertile permet plusieurs récoltes par an, avec riz, fruits et légumes en abondance : la région est le grenier du Vietnam. 3 jours nous permettent de visiter (en bateau la plupart du temps), des rizières, des vergers, des fermes de poissons et un marché flottant où les produits sont échangés de bord à bord des embarcations. On trouve une perche à chaque bateau, au bout de laquelle sont accrochés les produits vendus à bord. Ça grouille de partout. L’activité du fleuve est très importante. On y croise les pêcheurs, les transports de personnes et de marchandises avec de nombreuses péniches, des enfants qui se baignent pour se rafraichir, des paysans qui y font également baigner leurs buffles. Le Mékong est très vivant, et il pourrait encore être un sujet de reportage pour Thalassa !

Le Vietnam a été pour nous une bonne introduction à l’Asie et il nous tarde maintenant d’en voir plus. Un seul regret, il est difficile de sortir des sentiers classiques. Néanmoins, nous retiendrons du pays ces magnifiques paysages variés et les sourires des enfants dont on ne se lasse jamais.

2 commentaires sur “Carnet de voyage au Vietnam”

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