Carnet de route aux Etats-Unis

New York

27 juillet – 2 août

Les USA : 1ère étape de notre périple. Nous atterrissons vers 17h le 26 juillet à l’aéroport JFK de New-York. Après un ultime contrôle des douanes, nous empruntons le métro pour nous installer dans notre hôtel situé au cœur de Manhattan. Depuis la chambre située au 40ème étage, nous avons une vue magnifique sur cette ville où la démesure est de rigueur. Pour la première soirée, nous nous promenons dans Times Square, au cœur de l’agitation New Yorkaise.

Nous avons une semaine pour explorer les différents quartiers de New York. Nous commençons par son emblème le plus célèbre : la Statue de la Liberté. Pour nous rendre sur son île, nous prenons un ferry, et une fois de plus, nous profitons d’un superbe panorama sur l’ensemble des grattes ciels. Nous nous rendons ensuite sur Ellis Island. A la fin du 19ème siècle, les postulants à l’immigration aux Etats-Unis, devaient obtenir leur droit d’entrée à la suite de multiples contrôles (médicaux, mentaux, financiers…) effectués sur cette île.

statue de la liberté
statue de la liberté

Retour à Manhattan pour découvrir le quartier financier, autour de Wall Street ; on observe le chantier d’où émergera une nouvelle tour de près de 582 mètres, sur l’ancien emplacement du World Trade Center. Les jours suivants sont consacrés aux quartiers typiques de Litte Italy et China Town, aux plus branchés tels Soho, Tribeca… En se baladant dans les rues, on peut découvrir l’évolution des méthodes de construction des gratte-ciels. Plus on déambule entre ces derniers et moins on se rend compte de leur véritable hauteur. Dimanche matin, nous assistons à une messe à Harlem, nous sommes bien accueillis et les chants de gospel sont magnifiques. On ne voit pratiquement pas les 2h passer ! L’après-midi, comme bon nombre de New-Yorkais, nous nous reposons dans Central Park.

Pour ce qui est de la restauration à New-York, il n’y a pas de souci, on peut manger 24h/24 que ce soit dans un Burger King, un Subway, un Five Guys, un Wendy’s, un Mc Do, pour ne citer qu’eux… et comme noté plus haut, là aussi tout est démesuré : leur menu « normal » correspond au XL chez nous !

Les chutes de Niagara

3 – 4 août

Après une journée de route, nous arrivons aux chutes de Niagara. Rien de tel qu’un petit tour en bateau au pied des chutes pour mieux en apprécier leur renommée. Bilan : nous prenons une bonne douche sans pouvoir voir grand-chose à cause des embruns, heureusement qu’ils nous fournissent une cape en plastique pour se protéger. Une balade à pied sur les abords nous permet de mieux apprécier l’envergure du site. Celui-ci est un peu trop touristique à notre goût. A cheval sur les USA et le Canada, ce ne sont pas les américains qui ont la + belle part du gâteau pour une fois ! Les Canadiens jouissent d’une meilleure vue. Par contre, ils proposent les mêmes activités de chaque côté de la frontière !

chutes du niagara
Chutes du Niagara

Chicago

 5 – 6 août

La ville est non seulement réputée pour son architecture mais également pour ses embouteillages et ses difficultés de logement bon marché… Nous ne faillons pas à la règle en tournant pendant près de 3h dans la ville en quête d’un hôtel. En vain ! Pour compliquer un peu les choses, nous arrivons le jour où débute le Festival Lollapalooza, 3 jours de musique avec en tête d’affiche : Muse, Coldplay, Eminem, Foo Fighters… bref, un gros gros festival ! Du coup, tout est plein ou hors de prix, on décide donc de décaler notre séjour dans la ville des gangsters… On envisage de camper dans un parc national à 1h de Chicago, nous mettrons + de 2h pour y arriver. Une heure aura été nécessaire pour sortir de la ville…

Chicago river
Chicago river

En cours de route, notre voiture de location se manifeste également avec son voyant d’huile qui s’allume… Heureusement, on se trouve à proximité de l’aéroport, on fait donc le détour pour y trouver notre agence de location. Bonne nouvelle de la journée : on bénéficie d’un changement standard de véhicule, même marque, même couleur !

Arrivés au parc national, celui-ci est fermé ! Une tempête y a tout ravagé en juin dernier. Les rangers nous indiquent un autre parc où camper, à encore 1h de route… Après embouteillages, travaux, … on arrive à destination : le parc est également fermé ! En face, un camping privé un peu miteux et surtout plus cher, mais il fait nuit et on n’a plus trop l’envie de chercher… On sera accueillis par les moustiques qui nous ravageront sans cesse, au point de finir de manger dans la tente. Une petite douche, payante (!) pour clôturer cette journée… Bon bien sûr, il pleuvra cette nuit-là !

Dès le lendemain, on repart à la recherche d’un nouveau camping.

7 – 8 août

Nous sommes de retour à Chicago. Après quelques temps pour se garer, on profite enfin de la ville. Son architecture y est très foisonnante, c’est ici que les premiers gratte-ciels ont été érigés. On se promène dans le quartier du Loop, qui est contourné par le « L », un vieux métro aérien, c’est assez curieux de voir les rails déambuler au-dessus des voitures et à la hauteur des 1ers étages des buildings. La ville a été complètement repensée et reconstruite à la suite d’un incendie en 1871. Les nouvelles techniques de construction de l’époque ont permis aux architectes (Burnham, Sullivan, LLyod Wright, etc.) d’ériger des buildings avant-gardistes et qui n’ont rien à envier à ceux de New York. Nous complétons la visite culturelle avec « The Art Institute of Chicago » qui recèle de véritables trésors (Monet, Van Gogh, Renoir, … et tant d’autres). Le Millenium Parc est également un exemple d’aménagement urbain, où des œuvres d’art y sont exposées. Dont le fameux « Bean » ou plus officiellement « the Cloud Gate ». Voilà une œuvre d’art superbement ancrée dans le paysage. C’est beau, ludique, et elle contribue parfaitement à mettre en valeur la riche architecture de la ville.

On termine par une spécialité culinaire : la Deep Dish pizza (deep dish pourrait se traduire par plat profond). C’est une pizza avec un épais rebord de pâte, et au fromage abondant. Il faut attendre près de 45 mn compte tenu du temps de cuisson nécessaire, mais ça vaut le coup : on se régale ! Là encore, une petite pizza pour 2 personnes nous suffira amplement 😉 

On the road…

9 – 10 août

Nous traversons les états de l’Illinois, l’Iowa, du Minnesota et le Dakota du Sud en direction du Mont Rushmore, les fameuses têtes des présidents américains sculptés dans la roche.

Environ 1300 kms parcourus qui nous offrent des paysages d’une certaine variété. Au début, c’est vallonné et boisé, des champs de maïs à perte de vue et plusieurs fermes. Puis, le relief s’aplanie, les champs de maïs sont toujours présents, indénombrables et leurs surfaces impressionnantes. Les fermes sont plus éparses, mais de taille plus importante, leurs énormes silos permettent de les repérer de loin. Une fois le fleuve Missouri traversé, on se croirait dans le fond d’écran de Windows avec des collines herbeuses bien vertes à perte de vue. Sur tout le trajet, des centaines d’éoliennes sont installées et en cours d’installation. Faut dire que les riverains ne doivent pas être nombreux à protester !

Arrivés dans le Dakota du Sud, les paysages sont plus désolants. Les étendues herbeuses sont plus planes encore, offrant des panoramas à plus de 50 kms à la ronde. Les terrains sont plus secs, les habitations rares, et certaines ont été abandonnées. A titre d’info, le supermarché le plus proche de notre camping se trouve à plus d’une heure de route ! Quelques points noirs ici et là animent le paysage, des troupeaux de vaches… Autres points, jaunes cette fois ci, ce sont les round-ballers, encore à perte de vue. Puis, on arrive dans les Bad Lands, toujours dans des étendues herbeuses, mais ponctuées de drôles de formations rocheuses, empêchant toute installation ou cultures sur des kms. 

Mount Rushmore

Changement de décor, on arrive en petite montagne, dans le Parc National qui entoure le Mount Rushmore. L’attraction principale est bien sûr la sculpture des 4 visages de présidents américains (Washington, Jefferson, Roosevelt et Lincoln). Ce chantier a duré 14 ans (1927-41), a nécessité 400 ouvriers, dirigés par le sculpteur Borglum. Le site est relativement bien aménagé malgré l’explosion touristique qui l’entoure.
Custer State Park

Mont Rushmore
Mont Rushmore


On souhaite ensuite profiter du Custer State Park aux paysages variés et à la faune sauvage que l’on peut observer depuis sa voiture. Mais bon, comme on aime bien les rassemblements, après le Festival de Chicago, voilà qu’on tombe en même temps que le rassemblement annuel de bikers en Harley Davidson. L’édition 2010 avait rassemblé près de 500.000 motards, venus de tous les Etats-Unis, et même d’ailleurs. Alors, les bikers sont super cools, on bavarde un peu, ils ont un look terrible en Harley de la tête au pied ! Et y a des Harley partout !! Par contre, dans le parc qui se visite en véhicule, ce n’est pas l’idéal pour admirer les animaux en liberté ! On ne voit pas grand-chose, les motards sont nombreux et bruyants… On finit par trouver des petits chemins de traverse où ils ne se risqueront pas à abîmer leur belle carrosserie, et on voit enfin bisons, daims, cerfs, antilopes « américaines ». C’est superbe et un peu déroutant, surtout quand le bison est en plein milieu de la route ! 

11 août

On quitte Custer à l’aurore, heure idéale pour les bonnes rencontres. Ça ne loupe pas, à peine sortis du camping que l’on rencontre des daims le long de la route, à chaque virage, il faut se méfier ! Nous quittons les Blacks Hills pour traverser un plateau herbeux, là encore, on aperçoit de temps en temps quelques bêtes sauvages. Les routes sont rectilignes, et seul l’horizon semble pouvoir les arrêter. Soudain, au milieu de ce vide, s’érige « The Devil Tower », un énorme bloc stratifié de 264 mètres de haut, tout seul au milieu de rien ! On reprend la route pour quitter ce trou perdu, où des offres touristiques sont tout de même florissantes, Business is Business !

On suit la Highway 90 qui traverse le Nord de l’état du Wyoming en direction du Montana. Le sol est désormais aride, ponctué de quelques puits de pétrole et de drôles de tuyaux en inox qui émergent du sol un peu partout, des puits de gaz ? On attend enfin une ville, au beau milieu de ce désert, de quoi vivent-ils ? La réponse arrive vite lorsqu’on aperçoit une raffinerie gigantesque. On fait le plein de courses, d’essence et de dollars pour 3-4 jours, et nous voilà prêts pour arriver au Parc National de Yellowstone.

Yellowstone National Park

12 – 14 août
Petit à petit, le paysage prend du relief pour s’approcher de la montagne. On distingue les neiges éternelles sur les sommets et on grimpe entre les forêts de pins. Plusieurs hectares sont décimés. On apprendra qu’il s’agit d’un incendie survenu en 1988, qui a ravagé 36% de la surface du Parc, dont la superficie totale équivaut à celle de la Corse… L’incendie était d’origine naturelle, dû à des éclairs d’un orage d’un été extrêmement sec. Les feux ont duré plusieurs mois, et les derniers ont été éteints au mois de novembre. L’impact de cet incendie sera donc visible un peu partout dans le Parc.

Parc de Yellostone
Parc de Yellostone

On arrive au camping, on est installé en pleine nature ! C’est trop chouette ! Nico prépare un feu de camp qui nous réchauffe un peu, on est quand même à 2 500 mètres d’altitude et il gèlera cette nuit là. On se réveille le lendemain avec de la glace sur la tente ! On petit déjeune avec un chipmunk (un mammifère qui ressemble à un petit écureuil), on est épaté par sa préparation de son petit déjeuner, et son énergie débordante ! Le soleil réchauffe vite, on fait tomber le pull dès 9h.

Yellowstone Park : il s’agit du plus ancien parc national américain (1872) et c’est l’un des joyaux de la nature. Situé sur les Montagnes Rocheuses qui séparent les Grandes Plaines de la côte Pacifique, faune & flore y sont sauvegardées sur une étendue de près de 9 000 km2. Si l’on traduit littéralement, Yellowstone signifie « pierre jaune », il tire son nom de la rivière du même nom, affluent du Missouri, qui court entre des falaises de grès jaune.

Concernant le site, tout à commencer par une explosion de type « Big Bang » survenue il y a 630 000 ans. Les laves refroidies ont fini par modeler un plateau dont l’altitude moyenne est maintenant de 2 500 mètres. Ce qui constitue aujourd’hui la partie centrale du parc, s’écroula autrefois, formant une gigantesque caldeira, un cratère géant de 45 km sur 75. La particularité de Yellowstone est d’être placé au-dessus d’un feu permanent. On est donc juste au-dessus d’un volcan énorme, et le magma en fusion est à seulement 4 km sous terre ! Du coup, quantité de phénomènes géologiques peuvent être observé : geysers, sources chaudes, fumerolles, marmites boueuses, etc.

Les forêts de pins recouvrent une bonne partie du parc, mais on trouve également de grandes étendues herbeuses, un lac, des falaises abruptes, un canyon, des cascades… Bref, une variété de paysages, et autant de types d’habitats pour une faune sauvage que l’on peut observer.

On s’en prend plein les yeux, des daims, des cerfs, des élans, des bisons ; ces derniers sont tellement nombreux et parfois bien installés sur les routes qu’ils créent des embouteillages ! Bon, c’est plus fun qu’à Paris, tous les automobilistes dégainent leurs appareils photos, et affichent un sourire béat une fois la bête passée ! Nous avons aperçu 3 grizzlis (de la famille des ours) au loin, qui couraient vers la forêt. Un matin, on a surpris un coyote le long de la route, comme on pourrait croiser un renard en Normandie). Et puis, bien sûr, une multitude d’écureuils, de chipmunks, de chiens de prairie (petit mammifère) qui n’attendent même pas que l’on soit parti pour venir chiper les restes de notre pique-nique.

Certains de ces animaux ont été rencontrés au hasard de nos randonnées ou dès le petit déjeuner, et tout cela dans des paysages magnifiques. Au-delà des bizarreries géologiques, le cadre est donc superbe, les photos parlent d’elles-mêmes malgré que les couleurs ne soient pas aussi belles qu’en réalité. Bref, notre meilleure expérience à ce stade du voyage, nous conseillons très vivement ce site à tous les amoureux de la nature. 

Grand Teton National Park

14 – 15 août

Ce parc, qui se trouve dans la continuité de Yellowstone, tire son nom de 3 sommets de montagnes qui ressemblent aux attributs féminins du même nom, lorsqu’ils ont été découverts par des trappeurs français (à mon avis, ils n’en avaient pas vu depuis longtemps, car nous, on n’a pas trop vu la ressemblance !). On fait 2 randonnées dans le parc, où nous faisons la rencontre fortuite de Maman Elan et son petit, sympathique partie de cache-cache pour les photos. Et une autre fois, c’est Mr Elan qui barbote dans sa mare. Bon, il a fallu que 2 ou 3 serpents se mettent en travers de notre chemin pour ternir un peu le côté féérique de nos balades.

Grand Teton National Park
Grand Teton National Park

On reprend la route pour descendre vers le sud, en direction de l’Utah. Une fois descendu de la montagne, les paysages qui défilent sont bien ternes. Certaines villes que l’on croise, sont à moitié abandonnées, les mobil homes servent souvent d’habitations. On se demande de quoi et comment ils peuvent vivre ici.  

16 août

Nous sommes à Garden City (au nord de l’Utah), où s’il l’on veut un coin d’herbe verte, il faut l’arroser ! Et c’est ce qu’ils font les Américains ! Partout, ils arrosent à gogo pour maintenir leurs gazons, leurs nombreux terrains de golf et leurs cultures bien vertes, alors que tout est grillé aux alentours. Cette dépense d’eau est déroutante. Bon, nous aussi on va profiter d’un peu d’eau fraîche. Après 4 jours dans les parcs où les douches ne sont pas nombreuses, on reste 1 journée au camping pour se reposer, se doucher et laver les affaires. Ça fait du bien !

Salt Lake City

17 août

On repart, direction Salt Lake City. Le nord de l’Utah est un relativement accidenté, on monte et descend des collines, une constante néanmoins : l’aridité du sol, et nous sommes toujours dans un coin perdu, pour preuve, nous ne captons aucune radio ! 

On arrive à Salt Lake City, c’est une « drôle » de ville, ou plutôt pas très fun en fait. A la fois capitale administrative active et prospère de l’Utah, c’est aussi et surtout la capitale historique et religieuse des Mormons. Flanquée entre le Grand Lac Salé (Great Salt Lake) et les montagnes qui ont accueilli les JO d’hiver de 2002. Cette ville ne compte que 182 000 habitants, ce n’est pas si grand finalement. En se promenant dans son centre, c’est plutôt triste, des buildings de bureaux, sans commerces en rez-de-chaussée, pas très vivant donc. On croirait se promener dans un quartier d’affaires un dimanche, mais non ! on est mercredi vers 17h30. On ne voit pas de magasins de fringues, on imagine donc qu’ils font leur shopping dans les Malls, ces grands centres commerciaux situés en périphérie. En parlant de mode, je l’ai trouvé pas très bien habillés par ici… Bon, en même temps, avec ma tenue de rando, c’est un peu l’hôpital qui se fout de la charité !

Salt Lake City
Salt Lake City

Pour revenir à la ville, elle est tout de même entourée de plusieurs autres, plus petites mais toutes attenantes les unes aux autres. On ne distingue pas facilement les limites de chacune. Dans le centre-ville, peu ou pas de restauration rapide, à croire qu’ils ont été bannis (?). Par contre, notre camping est situé le long d’une route à 2 miles du centre, où toutes les chaines de fast food sont installées les unes à côté des autres, avec des motels de +/- bas de gamme. Un peu plus loin, une sorte de raffinerie, et une plateforme ferroviaire énorme, dont on entendra l’intense trafic nocturne au grand désespoir de Nico qui n’était pas équipé de boules quies ! 

Finalement, il n’y a pas grand-chose à voir à Salt Lake City. Ah si ! Les Mormons ! Et tout est fait pour ! Gratuit et facile d’accès. Ils mettent à dispo des navettes au départ de l’aéroport pour ceux qui souhaitent se convertir entre 2 vols ! Je rigole, mais nous aussi on profite de leur navette gratuite pour nous rendre en centre-ville, seule obligation : se rendre dans leurs temples, ça tombe bien, on veut en savoir un peu plus. A peine montés dans la navette, nous sommes « pris en charge » par un couple de Papy-Mamy qui ont largement dépassé les 70 ans. Papy conduit tandis que Mamy dégaine le micro pour nous expliquer les différents endroits de la ville que nous traversons. 

Il faut savoir que la ville est sortie de terre lorsque les Mormons décidèrent de s’installer dans ce coin désertique il y a 160 ans. Cette minorité religieuse a quitté l’Europe puis l’est des Etats-Unis où elle était persécutée. A la recherche de leur Terre Promise, ils fuient vers l’Ouest. Et un jour, leur prophète Brigham Young, qui eut comme une révélation, s’exclama « This is the place ! » Et c’est donc comme cela que fût fondé la ville, qui dès le départ est quadrillée selon des règles précises, caractéristiques de l’organisation mormone. Ils construisent un temple, un tabernacle et plusieurs lieux de cultes. B. Young fonda l’Université de l’Utah, dont il était Gouverneur, en tant que bon mormon, il avait 27 épouses et fut père de 57 enfants, c’était donc un homme bien occupé ! La polygamie est désormais interdite, mais faut pas trop creuser le sujet… c’est pas très bien vu (j’ai bien essayé, mais en vain). Parmi les valeurs de la religion mormone, on trouve bien sûr la famille, et aussi le travail, l’organisation et la vie active en communauté. On retrouve toutes ces valeurs au cœur historique de la ville, où tout est au carré, bien propre, bien fleuri (le reste de la ville, c’est comme ailleurs). Tous les édifices mormons sont concentrés sur un bloc, nommé « The Temple Square ». Déposés au pied par nos taximen septuagénaires, nous sommes de nouveau « pris en charge » par deux « Sisters » dont l’une est francophone. Ben oui ! Ce serait dommage qu’on ne capte pas le message de la parole divine ;-). On entame la visite, on se croirait dans un Disneyland tant tout est propret, bien agencé, fleuri ; et tout le monde s’y promène, des familles, des missionnaires, affichant un sourire constant, toujours TRES accueillants, à tel point que c’est un peu déroutant. On se croirait dans une publicité d’un monde parfait où tout le monde y est gentil ! Pour visiter ce monde de Oui-Oui, on suit Sœur Tahiti (j’ai oublié son prénom mais elle vient de l’île) et Sœur Kleine, d’Allemagne. Tout comme les 160 sœurs présentes ici, elles sont là pour 18 mois, accueillant les visiteurs de 9h à 22h, 6 jours sur 7. Il s’agit en fait de leur mission que les jeunes Mormons peuvent effectuer à la fin de leurs études, partout dans le monde, c’est plus long pour les garçons, 2 ans. Logement et nourriture restent à leur frais, seul le billet d’avion est pris en charge par l’Eglise Mormone. L’Eglise est une véritable entreprise, avec des revenus assurés par les fidèles, chaque Mormon devant verser 10% de son salaire.

C’est donc une manne financière importante, l’Eglise possède sa banque, des propriétés foncières, des assurances, son quotidien, sa propre radio… De cette richesse, on peut en avoir un aperçu en visitant les temples, les centres de conférences, bibliothèques, etc. Tout est vaste, récent ou rénové, propre, richement orné, et doté des dernières technologies. On peut consulter des écrans plats, tactiles dans les parcs pour s’informer et mieux se cultiver du monde Mormon. Le tout est entretenu bénévolement par les missionnaires et les fidèles. Un business qui tourne donc très bien. 
Un petit détail : tout est gratuit, ça incite donc à visiter. Et ça vaut le coup d’œil. Par exemple, l’un de leur temple bâti à la fin du 19ème, le Tabernacle, présente une acoustique exceptionnelle qui permet à l’orateur de se faire entendre par une assemblée de 3500 personnes ! En 2000, le dernier bâtiment construit par les Mormons, est un centre de conférence d’une capacité de 21 000 places assises, sans aucun pilier, de sorte que la scène soit visible par tous les spectateurs. La salle est vraiment impressionnante. Et le toit de l’édifice est aménagé en jardins, accessibles à tous. 
Bref, hormis le quartier Mormon, Salt Lake City est bien tristoune à visiter. On quitte nos deux Sœurs bien sympathiques, sans pour autant rejoindre les 13 millions de Mormons qui sont recensés dans 155 pays.

PS : pour ceux que ça intéresse, il y a une congrégation à Coutances J

Great Salt Lake – Copper Mine

18 août

En repartant de Salt Lake City, nous faisons un petit détour vers le grand lac salé. The Great Salt Lake est, comme son nom l’indique, un grand lac salé de 4 400 km2. Les minéraux et éléments salins apportés par les cours d’eau des montagnes avoisinantes s’y accumulent, le lac n’ayant pas de débouché, le taux de salinité est élevé, atteignant 28%. Ce sel est bien sûr exploité.

Mine de cuivre
Mine de cuivre

Autre ressource, le cuivre. Nous nous rendons à Copper Mine juste à côté du lac. Il s’agit de la plus grande mine à ciel ouvert au monde, elle serait visible depuis l’espace apparemment… Nous sommes impressionnés à l’approche du site qui se remarque à quelques kms. Une fois à l’intérieur du site, on se rend compte de l’énormité du trou creusé par l’homme (4kms de diamètre et 1,2 km de profondeur). Les dumpers de 320 t, et les pelles qui les chargent paraissent tout petits. Le Visitor Center de l’entreprise est très intéressant et instructif, même si c’est toujours les 1ers du monde entier dans tout ce qu’ils font ! Ça doit être inculqué dès la maternelle dans ce pays, cet esprit « 1st of the world » ! Mais, bon ils sont gentils quand même ces Américains !

Zion National Park

19 août

Ça y est ! Ça faisait un moment qu’on s’en approchait, mais là, c’est sûr, on est dans « l’West », avec ses canyons, sa roche et sa terre rouges. Il ne manque plus que Lucky Luke et les Indiens, tellement on se croirait dans les décors de westerns. Bon, on est toujours dans l’Utah, le pays des Mormons, et bien sûr, le Parc de Zion, a été baptisé par les Mormons, en référence au Sion de la Bible.

Zion National PArk
Zion National PArk

Zion National Park est en fait un canyon, du même nom. Sur environ 8 miles, on se promène le long de la rivière Virgin qui l’a creusé. Plusieurs randonnées permettent d’avoir différents points de vue sur la vallée enclavée par des falaises de 600 à 900 mètres de haut. Le ciel est bleu, pas un seul nuage et le soleil tape fort, la température monte jusqu’à 39°. Parmi nos compagnons, nous croisons bien sûr des lézards, un serpent qui ressemblait à un crotale, des daims, et une multitude d’écureuils bien habitués aux visiteurs. La flore n’est pas en reste non plus. En plus des pins qui longent la rivière, on trouve plusieurs cactus, d’arbustes, de fleurs, de mousses, qui poussent entre et même sur les falaises ; alimentés en eau par l’infiltration des eaux de pluie et de la neige accumulée sur le haut des plateaux. Malgré la chaleur, ce n’est donc pas si aride !

Bryce National Park

20 août

On repart en direction de Bryce de Nice (Lol !). La route nous fait passer en haut d’un plateau, d’où l’on peut avoir une superbe vue sur Zion NP. Puis, nous redescendons doucement, la route sillonne le long de pinèdes, de lacs, quelques étendues herbeuses où paissent de nombreux troupeaux de moutons. On aperçoit notre 1er cow-boy ou plutôt devrais-je dire « sheep-boy » !

Puis, petite introduction à Bryce Canyon, avec Red Canyon ; c’est court mais saisissant avec des monts de roches d’un rouge intense. Puis, nous arrivons au Parc National de Bryce. On entame la visite par un superbe point de vue (Sunset Pt). Nous avons sous nos yeux un magnifique plateau calcaire où l’érosion a ciselé une multitude de colonnes rocheuses aux couleurs variant du jaune orangé au rouge profond. Entre les pinacles, les sapins apportent leur touche de couleur verte intense. Le contraste de couleurs est remarquable, surtout lorsque le soleil est de la partie. L’air est respirable ici, il fait 30°, à une altitude comprise entre 2 000 et 2 750 mètres. On peut voir à plus de 50 km à la ronde, offrant une vraie leçon de géographie. Pour mieux apprécier le décor, une petite randonnée nous permet de descendre au pied des monticules rocheux, c’est tout aussi beau. Bon, beaucoup de superlatif pour des cailloux, mais vous l’aurez compris, nous sommes conquis par ce paysage.

Les colonnes rocheuses sont nommées les « Hoodoos » ici. Le phénomène d’érosion est dû aux 200 nuits/an d’hiver rigoureux. Le gel écartèle la roche, au point de fissurer les falaises en différents fragments.  La pluie et le vent font le reste, jusqu’à sculpter de simples colonnes. Les variances de couleur sont le fruit de l’oxydation des minéraux : les nuances orange-rose-rouge sont dues au fer, le violet au manganèse et le blanc, du calcaire pur.

Et pour la petite histoire mormone, le parc tient son nom d’un couple de Mormons (Ebenezer & Mary Bryce) qui s’étaient installés ici en 1875. Selon leurs descendants, Ebenezer décrivait l’endroit en ces termes : « c’est un enfer de perdre une vache ici ! ». Ils ont de l’humour ces Mormons !

On the road again… 

21 août

On quitte Bryce de Nice. Il semblerait que le Lac Powell c’est surtout intéressant si on y fait un tour en bateau, mais n’étant pas intéressés, on change donc de programme : direction Arches National Park. Pour nous y rendre, nous empruntons les routes 12 et 24, où tout du long, défilent des paysages à couper le souffle, des canyons, des falaises. Chaque virage offre une nouvelle surprise. Nous traversons des forêts de pins, de bouleaux (Dixie National Forest). Puis, nous parcourons plusieurs miles sur une crête avec des falaises de chaque côté, et des paysages jusqu’à l’horizon. Ensuite, nous parcourons le paysage semi-désertique de Capitol Reef National Park, dominé par d’immenses dômes rocheux, ciselés par l’érosion, et encore d’un rouge intense. Même l’eau de la mince rivière qui le traverse, est rouge ! Au milieu, surprise ! Une petite oasis, celle de Fruita, incroyable morceau de verdure où poussent des arbres fruitiers dans de petits vergers. Sur des falaises voisines, nous admirons des pétroglyphes indiens. On distingue des formes humaines, des antilopes ; ces gravures dans la roche datent de plus de 1000 ans. Puis, c’est le désert de San Rafael que nous traversons pendant 2 bonnes heures. La température monte, et même si la route est fréquentée, il ne ferait pas bon d’y tomber en panne. Nous arrivons en fin d’après midi au camping, où la piscine va vite nous refroidir.

Canyonland

22 août

Canyonland
Canyonland

C’est plutôt impressionnant comme parc national, que de la roche encore une fois, mais ça nous occupe quand même 6h. On écourte même un peu la visite sur la fin vers 15h, car la température grimpe jusqu’à 39°. Mais cela ne nous empêche pas d’être époustouflés par des paysages gigantesques : tout est énorme ! L’horizon, la taille des monticules rocheux, les falaises, les canyons. Lorsqu’on observe les méandres de la Green River qui va se jeter dans le Colorado du haut d’une falaise de 600 mètres, on croirait regarder une maquette ! Bref, on s’en prend plein la tête (pour rester poli), à la fois parce que les panoramas sont superbes, mais aussi et surtout parce que l’on se sent vraiment tout petit ici ! Même un gratte-ciel new-yorkais serait ridicule dans cet espace. Bref, c’est un lieu idéal pour la contemplation voire la méditation 😉

Arches National Park

23 août

Arches National Park
Arches National Park

Au programme aujourd’hui : encore des cailloux. Ceux d’Arches National Park ont, comme le nom l’indique, la particularité de former des arches. On en compte près de 2000 dans le parc, ce qui en fait encore une exception mondiale (trop fort ces Ricains !). Le paysage que nous admirons au fil de randonnées, a été façonné par les éléments naturels tels que l’eau, la glace, le vent, les températures extrêmes et les mouvements sous-terrain du sel. D’une épaisseur de plusieurs milliers de mètres à certains endroits, cette couche de sel a été déposé il y a environ 300 millions d’années lorsque la mer recouvrait cette région (assez difficile à imaginer !). N’étant pas faîte pour maintenir le poids de l’épais revêtement rocheux, la couche de sel est donc instable, provoquant les éboulements que nous voyons en surface. Puis, l’érosion habituelle termine le travail, jusqu’à former les arches… Les contours sculptés sont parfois si délicats, qu’ils rappellent les façades de cathédrales, bon bien sûr pas d’apôtres, mais c’est tout aussi admirable !

Monument Valley

24 août

Nous arrivons avant l’aube pour observer le soleil se lever à Monument Valley. A cheval sur l’Utah et l’Arizona, ce site est surtout en plein territoire indien, de la tribu des Navajos et ce sont eux qui gèrent l’attraction touristique. Ce paysage a été rendu célèbre par les westerns de John Ford avec John Wayne, la publicité Marlboro avec son cow-boy, et plus récemment avec le film Forrest Gump. Le spectacle est au rendez vous ! Une fois le panorama photographié sous tous les angles, nous empruntons une piste cahoteuse et poussiéreuse pour mieux admirer et contourner ces « monuments ». Une fois de plus, c’est gigantesque ! J’aimerais bien pouvoir y planter les maisons des parents, pour mieux y appréhender l’espace. C’est vraiment mythique !

Monument Valley
Monument Valley

Nous reprenons la route, une nouvelle fois entourée de paysages semi-désertiques, avec quelques broussailles et où paissent (on se demande comment) une poignée de vaches et de chevaux. Nous sommes toujours en territoire indien. Ils vivent dans des maisons, ou le plus souvent des mobil homes installés au milieu de ce désert, ou bien dans quelques villages. C’est relativement pauvre et les lieux abandonnés ne sont pas rares. Le soleil est cuisant, approchant encore les 40°. 

Petrified Forest National Park

Bon, cette fois ce n’est pas de la roche, mais presque ! Nous venons admirer des arbres devenus pierre, ça change ! Il y a 225 millions, le désert où nous nous trouvons été recouvert de forêts, difficile à imaginer… Les arbres y ont été emportés par la rivière en crue, et enterrés sous une couche de sédiments, de sable, de cendres ; bloquant le processus de putréfaction. La silice s’est incrustée dans toutes les veines, et les cellules du bois, pétrifiant ainsi les arbres. Les différentes couleurs observées sont une nouvelle fois, dues aux différents éléments minéraux présents (fer, manganèse, etc.). Au fil des années et de l’érosion, les arbres refont surface ainsi que de nombreux fossiles. Bref, un endroit rêvé pour les paléontologues. Pour nous, c’est tout de même déroutant, de vrais cailloux mais avec l’aspect de l’écorce. Pétrifiant !

La forêt pétrifiée
La forêt pétrifiée

Route 66

Nous commençons à aborder la route 66 (reliant Chicago à la côte Ouest) qui joue à cache à cache. Le tracé de l’autoroute 40 qui l’a remplacée, passe parfois sur l’ancienne route. On ne retrouve donc quelques vestiges de la 66 dans les villes qu’elle traversait. Beaucoup de motels, de stations services sont abandonnés. C’est assez surprenant. La suite doit être plus vivante, on verra.

Route 66
Route 66

Jeudi 25 août

Farniente…

Grand Canyon

Vendredi 26 août

Grand Canyon porte très bien son nom, car c’est un GRAND canyon ! Difficile de trouver les mots, en résumé, c’est ce que l’on a déjà vu mais en version gigantesque ! Les dimensions sont telles que nous n’avons plus d’ordre de grandeur. Creusé par la rivière du Colorado, le canyon peut atteindre 1 830 mètres de profondeur, sur une largeur maximale de 29 km et sur une longueur de 445 km. Nous l’admirons depuis le plateau, d’où on n’aperçoit pas toujours les méandres du Colorado. Nous n’avons pas prévu assez de temps pour la visite de ce site. Pour mieux l’appréhender, il aurait fallu au moins 3 jours, étant donné qu’en rando, il faut compter 2 jours pour descendre et remonter du fond du canyon ; et une descente en rafting sur le Colorado serait sympa, mais il aurait fallu réserver longtemps à l’avance.

Grand canyon
Grand canyon

Route 66

Samedi 27 août

Nous continuons la découverte de la route 66 qui traverse l’Arizona. Son tracé est moins effacé par ici, mais le cadre est tout autant désolant. Quelques motels, bars et magasins de souvenirs semblent vivre du mythe. Fresques, vielles voitures, photos d’icônes (Elvis, Marilyn..), la décoration nous renvoie à une autre époque. Mais parfois, ces artifices ne sont pas nécessaires pour se croire retournés des décennies en arrière. Certaines villes sont figées dans le passé, tant l’autoroute voisine y a stoppé tout développement. Ainsi, pas mal de commerces et habitations sont abandonnés et avec celles restantes, on pourrait facilement y tourner un film des années 50-60. La plupart des touristes font comme nous, un petit arrêt pour prendre des photos, mais nous croisons aussi un groupe de bikers en Harley qui semblent vivre leur trip.

On s’enfonce un peu plus dans des zones désertiques et isolées. Nous traversons Oatman, une ancienne ville minière qui a conservé ses vielles façades. Elle a d’ailleurs servi de décor aux tournages de nombreux westerns. Assez rigolo. A la fin de notre parcours, la température grimpe au fur et à mesure de notre avancée dans le désert, 46° sera le maxi enregistré ce jour. Cette nuit là sera d’ailleurs la plus chaude que nous ayons connue ! Tellement chaude que l’un tentera de dormir dans la voiture, laissant la tente pour l’autre. En vain… Nous sommes quasi nus, tout est ouvert, et pourtant la température ne descend pas. Il fait 40° à 22h, 39° à 02h et 35° à 05h. Ça repart de plus bel avec 39° à 07h. Vivement l’hôtel climatisé de ce soir, j’y ai pensé toute la nuit !

Welcome to Fabulous Las Vegas!

Dimanche 28 août

On quitte le camping fournaise pour mieux s’enfoncer dans le désert du Nevada. La route est rectiligne avec quelques cactus et broussailles cramées de chaque côté et des collines caillouteuses à l’horizon. D’un coup, au milieu de ce rien, surgit Las Vegas ! Les ¾ de la population du Nevada y sont recensés. Avec ses 1,6 million d’habitants, la ville est donc vaste et se repère de loin dans ce désert. On souhaite visiter le « vieux » centre, mais nous avions oublié qu’aux States, le vieux était rasé pour faire place au neuf, donc, non, y a rien à voir, hormis quelques « vieux » casinos qui datent des années 50. Le cœur de l’activité, à savoir le jeu, est concentré sur une seule avenue : le Las Vegas Boulevard, où sont alignés les grands et principaux casinos sur environ 6 kms de long. Pas de problème de parking dans cette ville, les casinos en proposent « gracieusement ».

Chaque grand casino offre les mêmes prestations : un hôtel doté de 3 000 à 5 000 chambres, de nombreux restos, plusieurs piscines, des galeries marchandes où toutes les marques de luxe sont représentées et parfois même un golf ! Et bien sûr des salles de jeux, des machines à sous en veux-tu, en voilà. La différence ensuite c’est la thématique choisie pour la décoration. Au-delà de la taille immense de chaque complexe, c’est là que l’extravagance vegassienne prend toute son ampleur. En effet, on peut faire le tour du monde à Las Vegas. Le Caesars Palace tente de recréer la Rome Antique, le Paris-Las Vegas nous plonge dans l’univers parisien avec sa Tour Eiffel à demi-échelle, son Arc de Triomphe, sa façade de l’Hôtel de Ville. Même Venise est représentée avec ses canaux, la place St Marc avec son campanile et le Palais des Doges, tout cela recréé par le casino TheVenetianIl y a l’Egypte aussi, New York, le thème du cirque, des châteaux forts, …. et la liste est non exhaustive bien sûr ! Tout est illuminé de milles néons, tout est propre, et même si cela fait parfois carton pâte, on a souvent été ébahis. En gros, c’est un peu un Parc Disney pour adultes, en plein désert !

Las Végas
Las Végas

La question énergétique nous taraudera constamment, électricité, clim’, alimentation, le transport de toutes ces marchandises, et l’eau !!! Mais, revenons au fun, nous avons joué quand même, mais raisonnablement (trop peu peut être ?), 3$ misés, 19$ gagnés. C’est calculé exprès parait il, pour inciter à rejouer, nous on s’est arrêté. En résumé, Las Vegas il faut le voir pour le croire, une fois c’est bien. Mais cela reste tout de même le comble de la folie humaine en plein désert, hormis le ski et le golf à Dubaï, je crois qu’on atteint ici des sommets !

Death Valley

Lundi 29 août

Après une bonne nuit climatisée, nous quittons Las Vegas pour affronter de plus bel désert & chaleur. Située à l’est de la Californie, La Vallée de la Mort porte bien son nom. Désert caillouteux de 13 000 km2, c’est le point le plus chaud, le plus aride, et le plus bas (86 mètres en dessous du niveau de la mer) des Etats-Unis. On vient ici pour admirer des collines façonnées comme des dunes de sable, des vraies dunes de sables comme au Sahara, une étendue de sel qui est le résidu d’un ancien lac qui recouvrait la vallée… Mais le soleil tape fort, 47°, on a chaud et Titine aussi. On ne s’éternise donc pas trop, certains n’en sont pas revenus.

La vallée de la mort
La vallée de la mort

On s’avance un peu plus dans la Californie, des collines avec de l’herbe grillée (mais de l’herbe quand même), quelques arbres, et des températures plus clémentes avec 38° en fin d’après-midi.  Les cultures s’intensifient (agrumes, vignes, oliveraies), et des radios en espagnol ; on change d’état et ça se voit !

 Sequoia National Park

Mardi 30 août

On change de paysage, une fois de plus c’est gigantesque, mais au moins c’est vivant et naturel. Nous sommes dans un parc national qui protège des séquoias, ces arbres immenses et millénaires. Pour arriver au cœur du parc, nous grimpons une route sinueuse jusqu’à environ 2 500 mètres d’altitude. On commence la visite par un panorama superbe sur la vallée qui nous entoure, puis nous nous promenons dans la forêt pour admirer ces géants, l’un d’eux, le General Sherman pourrait avoir 2 700 ans ! Il mesure 84 mètres de haut, et fait 11 mètres de diamètre. Bien sûr, on se sent encore tout petit et si jeune à côté de ces montres préhistoriques… On est ravis et impressionnés de la visite.

Séquoia National Park
Séquoia National Park

Yosemite National Park

Mercredi 31 août

Parc de Yosémite
Parc de Yosemite

Lieu de villégiature accessible le temps d’un weekend pour les Californiens, Yosemite est un parc national très prisé des américains. Heureusement que nous arrivons en début de matinée pour trouver un camping. Après avoir plantée la tente et sécurisée la nourriture dans des casiers (dont l’accès est impossible pour les ours qui sont nombreux dans le coin..) nous partons en randonnée. Yosemite Park protège la faune et la flore sur des milliers d’hectares de forêts et de montagnes, à une altitude comprise entre 600 et 3 960 mètres. Au milieu de la vallée, coule la rivière Merced, seule vestige de l’époque glacière qui a façonnée ce paysage. Les particularités de la vallée sont ces hautes falaises rectilignes de granit, qui en font un site d’escalade très prisé. Nous nous contenterons de marcher un peu, histoire de monter en haut et apprécier la vue sur la vallée et ses environs. En chemin, nous croisons un coyote, des lézards et des daims mais pas d’ours, pourtant réputés nombreux dans la région… Dommage !

Bodie – La ville fantôme

Jeudi 1er septembre

Avant de partir vers l’ouest de la Californie, nous faisons un petit détour vers Bodie, ville née et abandonnée avec la ruée vers l’or. Pour y arriver, nous devons emprunter une route non carrossée mais carrossable à 20 km/h pendant environ 20 kms, dans les collines désertes et aux herbes cramées. L’avantage c’est qu’à cette allure on peut profiter du paysage monotone, et les animaux ont tout le temps de déguerpir !

La ville fantôme
La ville fantôme

Arrivés à Bodie, nous sommes accueillis par les Rangers qui veillent sur le site, devenu parc national. Un petit film nous explique la naissance, l’explosion puis le déclin de cette ville. Suite à la découverte d’or en 1859, la ville s’est créée au milieu du rien qui l’entoure. En 100 ans de prospection, l’exploitation des mines ont livré 100 millions de dollars d’or. La ville s’est donc développé rapidement, surpassant alors San Francisco de l’époque avec près de 10.000 habitants. Mais lorsque l’or s’est épuisé, la ville commença à se vider. En 1932, un incendie ravagea 95% de sa superficie ; et elle fut finalement abandonnée à la suite d’un décret gouvernemental 10 ans plus tard. Qu’en reste t-il aujourd’hui ? Une centaine de bâtiments, figés dans le temps. La plupart d’entre sont fermés mais on peut regarder l’intérieur à travers les carreaux. On peut ainsi « se promener » entre l’église, l’école où les bureaux, le tableau noir, cartes et livres d’époque sont encore là ; les hôtels, les saloons, des commerces et plusieurs maisons. Il reste parfois du mobilier et de la vaisselle… C’est un peu bizarre de déambuler à travers ces vestiges, mais très intéressant.

San Francisco

2-5 septembre

Nous visitons désormais une rescapée de la ruée de l’or… San Francisco.

Installés en banlieue, à Oakland, nous empruntons le BART (sorte de RER local) pour arriver en centre ville. Tiens c’est marrant, ils sont tous en pantalons et parfois même avec des vestes ici. On est un peu en décalé avec nos shorts et nos sandales ! Assez vite, on se souviendra que le guide précisait qu’il fait à peine 20° à San Francisco. Et oui, avec 30° minimum, on devient frileux, les jours suivants nous serons mieux habillés !

San Francisco
San Francisco

Nous commençons la visite par le centre ville très commerçant, son quartier financier où se trouvent les seules tours de la ville, et son quartier chinois, tellement chinois par endroit, qu’on pourrait se croire en Asie. Les jours suivants, nous explorons les autres quartiers tels que Russian Hills, North Beach, et les belles maisons victoriennes ; Haight-Ashbury, le quartier a bien sûr perdu son véritable esprit hippie, plus mercantile désormais, mais l’ambiance est encore cool, on y admire les façades des maisons de Jimi Hendrix et de Janis Joplin. Le quartier Castro est le coin gay, plus vivant et plus véritable celui là.

La ville s’est développée sur une quarantaine de collines, les rues et les constructions en sont bien marquées. On trouve ainsi des rues avec des pentes allant jusqu’à 30%. Autant avoir les mollets bien rodés ou emprunter les nombreux transports en commun proposés tels que le bus, le tramway ou bien encore leur fameux « cable car» inventé ici. C’est un peu le même principe qu’un télésiège sauf que le câble est enterré et que le wagon s’y accroche pour avancer. Bon, aujourd’hui c’est surtout une attraction bondée de touristes. J’aimerais bien savoir si les locaux l’utilisent plus en basse saison. Autre attraction touristique très développée dans les stations balnéaires américaines, une jetée aménagée sur pilotis où de nombreuses boutiques de souvenirs, restaurants et manèges sont installés, remplaçant les anciennes cabanes de pêcheurs. On vient plutôt admirer une colonie d’otaries qui s’est installée dans le coin. Un peu bruyantes les bestioles, assez marrant. On visite également quelques vieux bateaux des 18-20ème siècles.

Tout n’est pas énuméré ici, car cette ville offre de nombreuses distractions, elle semble « enfin » à taille humaine, avec des espaces verts, des petites ruelles avec des jardins superbement fleuris, beaucoup de gens font leur jogging dans les rues et dans les nombreux parcs de la ville… Bon bien sûr, quelques quartiers et coins de banlieue sont comme dans toutes les grandes villes, pas toujours si rose, mais San Francisco sera la ville que nous aurons préféré des Etats-Unis. Un seul petit défaut peut être, la température un peu fraîche pour l’été et surtout son brouillard quotidien qui empêche souvent de profiter des belles vues sur la ville. Le Golden Gate Bridge s’est ainsi longtemps fait désirer, ce n’est qu’arrivés au pied que nous l’avons enfin vu entier !

Highway 1

6-7 Septembre

Pour rejoindre Los Angeles, nous aurions pu prendre l’autoroute située dans les terres. Nous préférons la route de la côte, la Highway N°1. Une fois de plus, le brouillard sera souvent de la partie, mais nous profitons tout de même de superbes paysages, la route étant vraiment au bord de l’eau. Nous faisons halte dans les stations balnéaires de Monterey, elle aussi occupée par de nombreuses otaries ; dans celle de Carmel, véritable refuge de millionnaires mais qui reste très charmante avec sa verdure exubérante et sa plage de sable blanc (pour l’anecdote : Clint Eastwood en a été le Maire).

De nombreuses parcs et quelques routes sont parfois payantes pour admirer la faune et la flore locale mais nous nous contenterons des gratuites et ne serons pas déçus. Ainsi du côté de Cayucos, nous observons une colonie d’éléphants de mer installée sur la plage ; affalés sur le sable on dirait des vacanciers qui se dorent au soleil 😉 !

Nous ferons une halte culturelle dans l’une des nombreuses missions installées sur la route. Celle de la Purismina nous permettra de mieux comprendre le « travail » d’évangélisation effectué par les Espagnols sur les tribus locales Indiennes au 19ème siècle. Intéressant d’y voir comment la fin d’une culture et la naissance d’une nouvelle se sont effectués au nom soit disant de la religion…

Nous reprenons la route de la côte, avec un arrêt à Santa Barbara, nombreuses boutiques et restos en font une ville assez sympa, une petite glace sur la jetée aménagée sera bien appréciée même si les températures restent clémentes 25° environ, alors qu’elles dépassent rapidement les 30° dès que l’on rentre dans les terres.

Los Angeles

8-11 septembre

Nous débutons notre séjour par une journée détente aux studios UNIVERSAL, un parc à thème celui du cinéma bien sûr, avec des attractions de type manèges, mais aussi des courts spectacles et des shows qui permettent de comprendre les effets spéciaux et trucages utilisés dans les films. Le clou de la visite sera sûrement le petit train qui nous promène parmi les décors de cinéma et de séries avec par exemple celui des Dents de la mer qui n’est en fait qu’une simple mare ! Wisteria Lane (pour les fans de Desperate Housewives) le motel et la maison de Psychose… impressionnant ! Tout cela n’est pas si grand finalement par rapport à ce que l’on peut voir au ciné ou à la TV. Cependant, l’ensemble des décors extérieurs et les nombreux hangars en font un site si grand qu’il nécessite des déplacements en véhicules ou des voiturettes de golf. C’était rigolo. On a maintenant hâte de revoir quelques scènes.

Los Angeles
Los Angeles

Pour commencer la vraie visite de la ville, on attaque encore par ce qui l’a rendue mythique, avec le quartier d’Hollywood. Rien de folichon, devant le « Chinese Theater », cinéma qui accueille de nombreuses premières de films on s’attarde quelques temps devant les empreintes de mains et de chaussures des stars du cinéma.  Nous continuons ensuite par les étoiles incrustées dans le sol ; mais lorsqu’on sait qu’elles sont installées une fois demandées et payées par les artistes, on trouve cela moins glorifiant. Le tout est entouré de magasins de souvenirs assez kitsch. Une fois cette portion d’Hollywood Boulevard passée, les rues sont relativement sales.

Nous reprenons la voiture pour la suite de la visite, car sans caisse c’est l’enfer dans la cité des anges ; c’est bien le mal des transports qui gangrène cette ville immense. Plus que tout autre ville américaine visitée jusque là, Los Angeles est surtout composée d’une succession de quartiers différents, le tout s’étendant sur des kilomètres carrés, sans véritable centre ville. Des quartiers très huppés juxtaposent des quartiers très populaires ; le tout relié par des autoroutes qui parcourent la ville entière. Les transports en communs sont peu développés comparé à la population, donc finalement tout se fait en voiture.

Nous continuons donc la visite par Beverly Hills avec ses villas de millionnaires et ses jardins qui doivent faire le bonheur (et fortune !) des paysagistes, Rodéo Drive, et Bel Air que nous ne pourrons pas approcher… Venice Beach qui nous rappelle les heures de gloire d’Alerte à Malibu, où l’eau est à environ 18°, y en a qu’un seul qui s’est baigné 😉 puis les plages de Santa Monica, et ses rues piétonnes agréables pour les restos et magasins.

Pendant notre séjour, nous serons interpellés par le nombre de voitures luxueuses que nous verrons chaque jour (Porsche, Corvette, Ferrari et des Mercedes, BMW haut de gamme… et on en passe encore !) sans parler des villas somptueuses, aux dimensions et styles des plus variés. Mais c’est également la ville où nous verrons le plus de sans abris. Le paradoxe de la misère qui côtoie la richesse est d’autant plus marqué dans cette ville. Autre particularité, il y a peu de gratte ciels également, et la ville est relativement verte, donc hormis certaines zones, elle peut en fait être très agréable à vivre. En fait tout dépend de quel côté de la barrière on se trouve.

Nous prenons maintenant notre envol pour le Pérou.

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